jeudi 11 décembre 2008

petit mot de la fin...

Voilà…toutes les bonnes choses ont une fin. La mission est bel et bien terminée et constitue un franc succès ! Après 6 semaines de travail, de bonheur, d’émotions, d’aventures, de rires, de tensions, de stress…nous quittons Jucuaran, direction le Guatemala !

Nos sentiments sont partagés. Nous partons le cœur gros, tristes à l’idée de quitter tous ces gens qui nous ont accueilli, ceux avec qui nous avons travaillé, ceux avec qui nous avons appris les rudiments de la cuisine salvadorienne, ceux qui nous ont souri et dit bonjour tous les matins…bref tous ces gens qui ont rendu ce séjour inoubliable !

En même temps, nous partons avec l’énorme satisfaction et même la fierté d’avoir mené à bien tous ces projets. En arrivant, nous ne pensions pas faire la moitié de ce que nous avons réalisé.
19 bourses ont été offertes (pour le lycée et l’université), un lycée (2 salles de classe) est en cours de construction et ouvrira ses portes à la rentrée de janvier et accueillera 37 élèves, le projet de développement agricole (initié par la mission 2007, merci à vous !) a été relancé permettant à 5 agriculteurs de travailler et 5 familles bénéficieront d’un microcrédit pour l’élevage de poules à partir de janvier…le tout grâce à un budget de 30.000 $ !!!!

Mission 2009, nous avons pas mal de projets pour vous ! Et croyez nous, ils vous attendent déjà !

Nous sommes quand même contents de prendre quelques jours de vacances au pays des Mayas. Notre petit voyage au Guatemala sera une excellente transition avant de retrouver le froid parisien et la civilisation occidentale.

Nous partons avec la tête remplie de milliers de souvenirs. Cette expérience aura été vraiment incroyable et inoubliable. Nous rentrerons changés c’est certain. Nous attendons avec impatience le moment de tout vous faire partager.

Merci de nous avoir suivis pendant ces six semaines, merci pour vos petits mots de soutien et merci à tous ceux qui ont aidé financièrement et ont permis à ce projet de voir le jour. Un grand merci en particulier à Lisa, pour tout ce qu’elle a fait pour EDI pendant toute l’année et pendant notre absence. Enfin, un dernier merci aux anciennes missions pour tous vos tuyaux, vos conseils et votre réactivité !

On se retrouve en France !

Hasta pronto !
Que le vaya bien

Anne-So, Laura D., Elodie, Corentin, Laura G., Aurélie, Meryam, Elena

mardi 9 décembre 2008

le WE du 6/7 decembre

Samedi 6 Décembre

Après l’intense journée de la veille, nous enchaînons sur une journée plus tranquille mais pour autant très studieuse. En effet, nous avons encore pas mal d’aspects à traiter et quelques points à boucler avant notre départ.

Nous nous sommes notamment aperçus que nous avions 2000$ de rabe sur notre compte ! (c’est toujours agréable ce genre de nouvelles !) Il nous faut les réallouer à de nouvelles bourses…mais quel arbitrage faire ? A qui les donner ? Nous optons pour partager l’argent en deux : la moitié ira aux bourses pour le lycée, l’autre moitié aux bourses universitaires…
Finalement, ce sont trois bourses pour le lycée supplémentaires et deux bourses pour l’université que nous offrirons.
Il a donc fallu se replonger dans des arbitrages interminables (et dire qu’on pensait s’être débarrassé de cette étape pénible !), refaire des contrats pour ces bourses supplémentaires, racheter des fournitures pour ces boursiers (allez trouver à Jucuaran 40 cahiers et des stylos…Ce fut le parcours du combattant !)

Et puis, on a bouclé notre budget d’une fois pour toutes !! Une bonne chose de faite, après de multiples va-et-vient, des dons supplémentaires, de l’argent récupéré à droite et à gauche, des dépenses non prévues…Bref, tout ça est bouclé ! Et puis, nous avons également élaboré la feuille de route du Padre Serafin, c’est-à-dire un document de suivi, qui lui permettra de distribuer les sommes exactes à chaque boursier l’an prochain !
Voilà, on a fini toute la « paperasse », le travail peu sympathique, les impressions et photocopies à la chaîne...
Donc voilà, un samedi bien studieux et pas très folichon, mais tout est bouclé…On n’a plus qu’à profiter pleinement de nos derniers jours au Salvador !

Petit détail de cette journée de travail, nous nous sommes quand même fait plaisir pour le déjeuner…Barbecue grâce à notre super Elodie (reine de la cuisine pour nous tous ici…on soupçonne également un passage chez les scouts pendant son enfance…Elo ??) qui nous a mijoté du poulet grillé et en dessert, bananes au chocolat…Eh ouais ! Rien que ça !
On le méritait bien quand même !


Dimanche 7 Décembre

Après l’effort, le réconfort ! Après la journée de samedi passée devant l’ordinateur, à courir entre les différentes « tiendas » (petits magasins) pour trouver des cahiers, à squatter le cyber pour les multiples impressions et photocopies, nous décidons de passer la journée à la plage !
Pour résumer et vous l’aurez bien compris : farniente, cocotiers, poisson grillé, Pacifique, soleil…(vous commencez à connaître la chanson !) Mais pour changer un peu, en arrivant sur la plage, au lieu d’immédiatement faire les crêpes sur la serviette, nous nous sommes mis en marche pendant 1h15 au bord de l’eau (ça reste très agréable, on vous assure !). Nous avons marché jusqu’à un lagon magnifique (la laguna), une avancée du Pacifique dans les terres, paysage que l’on pouvait admirer du haut des collines de Jucuaran et sur lequel on fantasmait depuis notre arrivée…
Nous arrivons vers 10h au bord du lagon. Et là, mer calme (contrairement aux vagues habituelles), limpide, sable blanc et fin, cocotiers à perte de vue, et…personne ! En un mot : le paradis ! Et autant vous dire qu’on en a bien profité !
Nous sommes restés 1h30 à lézarder au soleil, à aller et venir dans l’eau, à se prélasser au soleil…à profiter de la vie ! Et pour les mauvaises langues…SI ! ON L’AVAIT BIEN MERITE !

Et puis, nous nous sommes dirigés vers le village de Arcos del Espino, à 30 min de marche selon un pêcheur salvadorien. Je vous invite à vous référer à notre article sur la notion du temps au Salvador. 30 min donc, appliquez la règle multiplicative, c’est-à-dire multipliez par deux le temps annoncé…C’est ça, vous avez tout bon, on a mis près d’une heure à trouver Arcos del Espino, le tout sous le cagnard ! On arrive finalement à une petite gargote pour déguster notre traditionnel poisson grillé. Le meilleur du séjour !

Et puis on repart sur la plage…On marche quelque 30 minutes supplémentaires, pour arriver au niveau du départ du bus (on ne peut pas le rater, c’est le dernier pour Jucuaran !). Un dernier bain de mer avant de rentrer, dans les vagues cette fois !
Et hop, on rentre à la maison avec le bus de 16h…Ravis de cette belle journée de plage !

Elena

lundi 8 décembre 2008

vendredi 5 decembre

Vendredi 5 Décembre

Grosse journée en perspective avec au programme : remise des bourses au lycée del Transito (le matin) puis au lycée de Jucuaran (aprem) et signature du contrat avec les agriculteurs (en fin d’aprem) !!!

Nous avions rendez-vous à 9h au lycée del Transito pour la cérémonie de remise des bourses. J’ai le plaisir de vous annoncer que les heureuses élues sont :
- Dolores Abigail (tutrice : Aurélie)
- Leticia Magdalena (tutrice : Meryam)
- Santos del Carmen (tutrice : Lisa)

Je ne sais pas si on vous a expliqué le système de tutorat : lors de la cérémonie, chaque boursier se voit attribué un tuteur EDI avec lequel il va pouvoir communiquer durant toute sa scolarité à propos de ses notes, ses problèmes, ses requêtes…cette relation privilégiée entre un boursier et un membre de l’association est essentielle à la réussite du programme de bourses et pour que le boursier se sente soutenu et écouté. Notre but n’est pas de venir sur place, accorder une bourse, verser l’argent, retourner en France et puis basta…Cà nous fait toujours plaisir d’avoir des nouvelles des élèves que nous avons sélectionnés parmi tant d’autres (les vieux de la mission 2007 pourront en témoigner !). J’en profite pour faire une petite cacededi à la mission 2007 et merci encore à vous qui nous ont aidé à préparer cette mission ! …
Pour en revenir à nos boursiers, nous les avons choisi car nous croyons en leurs capacités à s’en sortir, à faire des études supérieures…

Suite à la signature des contrats (durant laquelle nous sommes rendus compte une fois de plus que beaucoup de parents ne savaient pas écrire), nous avons fait connaissance avec Dolores , Leticia et Santos del Carmen autour d’une boisson rafraichissante et de petits gâteaux (bien dégueu au passage mais bon fallait les écouler !). Puis arriva l’épreuve tant attendue de la création des adresses mail, les 3 filles n’ont pas échappé à la règle selon laquelle les jeunes salvadoriens (sortant du collège) ne savent pas utiliser internet. Nous avons dû expliquer le fonctionnement de gmail pour la nième fois.

Je voulais faire un petit focus….sur la bourse « chaussure », je m’explique.
La mère de Santos del Carmen est venue voir Elena pour parler avec elle d’un petit problème. En effet, sa deuxième fille Blanca Estela avait postulé pour une bourse pour le lycée mais nous ne l’avions pas sélectionné car elle avait de moins bonnes notes que sa sœur tout en étant dans la même situation économique (que l’on pourrait qualifier de critique). Sa mère voulait que nous payions au moins une paire de chaussures à Blanca Estela pour qu’elle aille au lycée. Elle n’avait pas les moyens de payer une paire de chaussures (à 14 dollars) pour sa gamine, c’est dire si elles sont pauvres ! Nous nous sommes concertés et avons proposés de lui payer pour 3 ans l’uniforme, le matériel scolaire et le transport tous les jours pour aller de son domicile jusqu’au lycée (c’est ce que comprend habituellement une bourse pour le lycée). Sa mère a insisté pour qu’on lui paie 2 paires de chaussures par an pour aller au lycée à la place du transport en bus car sa fille avait vraiment besoin de chaussures qu’elle n’était pas en mesure de lui payer !
Après la bourse classique qui comprend l’uniforme, le matériel scolaire pour les 3 ans, la bourse de transport qui inclut en plus le transport en bus aller/retour pendant 3 ans…
Nous avons inauguré un nouveau type de bourse : la bourse « chaussures » qui inclue le matériel scolaire, l’uniforme et 6 paires de chaussures (2 par an) pour 3 ans.
Vers 12h, nous quittons le lycee del Transito, denichons de petits plats a emporter dans un comedor (riz, omelette aux crevettes non epluchees) que nous devorons dans le bus tant bien que mal. Nous arrivons finalement 1h30 plus tard a Jucuaran car notre bus n a pas trouve meilleure idee que de faire un detour par la Cabana, rouler a 2km/h, emprunter des chemins tortueux…A notre arrivee, nous nous separons entre 2 groupes :
- un groupe va chercher toutes les fournitures et boissons a la casa pour la ceremonie de remise des bourses de Jucuaran
- un autre se rend au lycee pour commencer a tout organiser.

Initialement, la remise des bourses devait avoir lieu a 13h…a 13h30, le lycee n etait toujours pas ouvert mais bon, on commence a avoir l habitude avec les salvadoriens…finalement, nous commencons a 14h et avons le plaisir de remettre des bourses aux eleves suivants :
- Maria Ines (tutrice : Laura G.)
- Lidia del Carmen (tutrice : Elena)
- Mirna Yesenia (tutrice : Anne So)

Nous procedons comme d habitude a savoir : discours d Elena sur l association, ses actions au Salvador, le fonctionnement des bourses pour le lycee puis lecture du contrat a voix haute et enfin signature. Puis vint l epreuve tant attendue de la creation des adresses gmail…ces boursiers n ont pas echappe a la regle selon laquelle les jeunes salvadoriens ne savent pas utiliser internet !
Nous prenons quand meme le temps de les connaître autour d une boisson gazeuse et de petits gateaux « delicieux »…

A peine le temps de souffler, nous repartons en pick up : direction la Bocana, ou nous avions rendez-vous avec les agriculteurs du Projet de Developpement Agricole pour la signature du contrat. Le Padre Nicolas nous a deniche un chauffeur du nom de Marvin, surement le chauffeur le plus prudent du Salvador. Nous arrivons avec une heure de retard (nous nous accoutumons bien a la culture salvadorienne !).
Apres la signature du contrat, les agriculteurs se mettent a nous jouer des airs salvadoriens a la guitare : El pueblo Salvadoreno…malheureusement, une corde de la guitare lache et la, c est le drame ! Heureusement, Oscar la rafistole et continue a jouer de plus belle…entrainees par la fievre salvadorienne, Elena et Elodie nous offrent une danse endiablee (on ne sait pas ce que c etait).
Nous les quittons a regret apres ce bon moment partage avec eux. Nous rentrons a la casa, satisfaits de cette journee bien remplie et presses de retrouver nos petits lits !


Anne So


A suivre…

Anne So

samedi 6 décembre 2008

jeudi 4 decembre : volcan de san miguel

Le volcan de San Miguel (Jeudi 4 décembre)

Qui dit jeudi dit jour de repos hebdomadaire pour Ursulo (rappel : chauffeur de bus, voisin adorable, amoureux du Pastis et de la bière Piiilllllsener et notre chauffeur/guide/conseiller durant toute la mission.) et opportunité pour nous d’utiliser le pick-up du Padre Nicolas, conduit par Ursulo, pour aller un peu plus loin que d’habitude.

Ce jeudi, nous avions prévu de nous rendre au volcan de San Miguel, deuxième plus grand volcan du Salvador derrière le volcan de Santa Ana (resp. 2310m et 2365m). Cette escapade, avant même qu’elle commence, s’annonçait déjà périlleuse :
· jusqu’à 22h mercredi soir, nous ne savions toujours pas si nous allions y aller car Ursulo s’interrogeait quant à la couleur du pick-up que nous prêterait le Padre Nicolas : si celui était vert, on n’y allait pas, s’il était bleu, on pouvait y aller (double transmission oblige…). Sachant que l’ascension du volcan avait déjà été repoussée au dernier moment il y a deux semaines, on était un peu tendus…
· les « vieux », i.e. les membres de la mission 2007, ont fait également l’ascension du volcan de San Miguel et nous en ont beaucoup parlé… En termes de difficultés et de sensations, on était prévenu !
· les locaux nous en ont également beaucoup parlé : le volcan de San Miguel était prétendument un endroit très dangereux, fréquenté par des voleurs,… Heureusement, Ursulo nous rassurait régulièrement en nous disant que c’était peu risqué, peu difficile,…

Jour J:
Le départ étant prévu pour 7h, nous partons à 7h45. Nous sommes donc légèrement en avance ! En effet, il faut généralement prévoir une heure de plus par rapport à l’heure fixée initialement pour avoir une bonne estimation de l’heure réelle de départ. Après un faux départ (Ursulo nous fait comprendre que nos shorts ne sont pas adaptés à ce qui nous attend, on enfile donc tous un pantalon), nous prenons enfin la route vers San Miguel. A l’arrière du pick-up, on découvre une corde de 5m et une machette, de quoi nous rassurer un peu plus encore... 1h15 plus tard, nous arrivons au pied du volcan ! Nous empruntons un chemin privé, en lacets, pendant encore 45 min. Nous en profitons pour contempler -entre deux virages négociés en dérapage par Ursulo- les nombreuses plantations de café qui nous entourent et la « Cordillera de los fuegos », une chaîne de volcans dont fait partie le volcan de San Miguel. Nous finissons le voyage les fesses en compote à cause des multiples nils de poules (il n’empêche que le Salvador possède de très bonnes routes, les meilleures d’Amérique Centrale à ce qui parait ; le problème était donc, vous l’avez deviné, que nous n’étions alors pas sur une route…).
Nous voilà partie pour 1h30 d’ascension, au lieu des 40min estimées initialement par Ursulo! Le début de l’ascension se déroule tranquillement, on se croirait un peu dans la jungle, mais bon jusque là rien de bien méchant : une ou deux petites glissades et ça repart. Par contre, on est vite essoufflé à cette altitude. Plus on avance, moins la végétation se fait abondante et plus les roches volcaniques et les cactus se font nombreux. Les 300 derniers mètres se font comme on peut, généralement à quatre pattes. On glisse, on galère, mais on y arrive tous, chacun à son rythme. Là haut, un décor de rêve : un cratère énorme s’offre à nous, de la fumée en sort, on a une vue panoramique exceptionnelle. On prend x photos souvenirs et… on respire enfin !
Aurélie, Elodie et moi décidons de faire le tour du volcan, comme l’avait fait l’année dernière Jean et Damien. Nous faisons donc le grand tour, marchant sur les crêtes, le corps penché parfois pour compensé le vent. Nous dévalons des pentes rocailleuses façon ski alpin. Nous en grimpons d’autres on ne sait pas trop comment, l’essentiel est qu’on y arrive. Parfois, il nous arrive de courir entre deux cimes. On se croirait sur le toit du…Salvador. Les différentes vues panoramiques sont magnifiques, on prend plein de photos,… On aperçoit à un moment en bas du cratère de nombreux messages formés par des pierres et, à notre plus grande surprise, on découvre le message… EDI (Jean ??)! De l’autre côté du cratère, nous décidons de descendre et d’y marqué, nous aussi, notre passage. Personnellement, je manque au passage de me faire très mal : en gros j’ai tenu sur mes deux mains pendant à peu près deux secondes vu que toutes les pierres s’écroulaient sous mes pieds (en dessous, il ne valait mieux pas tomber…). Tout est bien qui finit bien on boucle notre petit tour et on redescend directement avec Ursulo qui nous qui attendu vu que les 5 autres filles étaient déjà parties. La descente est encore pire que la montée… On descend tous plus ou moins en dérapant ou sur les fesses ! La fatigue n’aidant pas, les chutes s’accumulent. Après 1h d’efforts, nous retrouvons le pick-up ! Enfin, « on » moins Elodie et Aurélie qui ont pris de l’avance à pied. Je décide de les rejoindre en courant. Au final, je les croise et continue à courir…sauf qu’au bout de quatre ou cinq intersections, je commence à douter du chemin ! Les lacets sont interminables, je décide de marcher en attendant que le pick-up me rattrape. 15min après, je retrouve toutes les filles, plein de poussière et légèrement humide (j’étais en pantalon)! La légende raconte qu’un certain Jean E., ex preze d’EDI, aurait monté tout ce chemin en courant…

Nous nous rendons ensuite à Saint Miguel pour déjeuner. On mange dans un grand centre commercial style très américanisé : cocktails aux fruits, enchiladas, tacos, burritos, smoothies,…on était aux anges ! Vu l’heure (environ 16h), il était grand temps et c’était largement mérité !

Après un tour au cyber du centre commercial (celui de Jucuaran n’ayant plus d’internet…), nous rentrons à Jucuran. Ursulo nous fait son show, il se prend pour Fernando Alonso. J’ai bien cru qu’on allait écraser un vélo ou un jeune (il fait nuit à partir de18h…). On arrive à 20h45, épuisés par cette journée épique qu’on n’est pas prêt d’oublier !

corentin

mardi 2 decembre et mercredi 3 decembre

Mardi 2 Décembre

Lever à 7h, nous devons prendre le bus de 8h direction Samuria ! Aujourd’hui nous organisons notre première remise de bourses pour 6 adolescents ! Grand moment solennel ;-)

Nous arrivons à 8h30, ½ heure avant l’heure prévue. Deux boursiers sont déjà présents avec leur maman. On profite de notre avance pour installer les tables et les chaises (nous nous faisons une petite table de jury…eh oui, autant bien faire les choses !), disposons quelques boissons et biscuits pour nos petits « chouchous » ainsi que des petits lots (Tshirts, fournitures…) que nous leur offrirons en même temps que la bourse.

A 9h, personne de nouveau n’est arrivé. A 9h30, toujours rien…On commence à s’impatienter et surtout à bouillonner sur place…Rappelons nous que nous sommes au Salvador, donc pas de panique ! On passe quand même quelques coups de fil aux retardataires, histoire d’être sûrs qu’ils viendront ! Figurez-vous qu’une jeune fille nous annonce qu’elle nous attend au lycée de Jucuaran (alors que nous avions dit Samuria)…et pire, un jeune homme nous annonce qu’il ne viendra pas ce matin qu’il travaille et même qu’il n’a plus l’intention de continuer ses études…ça commence bien ! Nous tentons de ne pas perdre notre sang froid !

Nous commençons la remise des bourses : deux autres boursiers sont arrivés, ils sont 4 présents au total…Nous présentons rapidement l’association et l’ESSEC, le programme de bourses, l’action d’EDI depuis sa création, nous lisons le contrat et en explicitons les clauses…Et puis vient le moment de les appeler un par un pour leur faire signer le contrat ! Il y a de grands sourires sur les visages, nous-mêmes sommes ravis et tellement contents de voir notre travail se concrétiser ! Les mamans qui accompagnent leur enfant viennent également apposer leur signature, en tant que représentant du jeune…mais certaines n’ont se savent pas signer, la preuve que les jeunes que nous avons sélectionnés viennent de milieux très défavorisés ! La directrice et la sous-directrice sont présentes parmi nous et signent également les contrats. Chacun d’entre nous obtient un boursier tutoré, on prend des photos et on pose avec nos « protégés ». Moment riche en émotion !

Après voir signé tous les contrats, vient le moment de la création des boîtes mails pour les 4 nouveaux boursiers…et là, nous ne sommes pas au bout de nos peines ! La plupart des jeunes ne savent pas ce qu’est Internet, ni double-cliquer sur une icône, ni taper l’url d’un site internet et encore moins aller sur Gmail ! Ca promet ! Tant pis, on croise les doigts et espérons qu’ils sauront nous envoyer quelques mails pendant l’année scolaire !

Vers 11h30, on repart du lycée. Nous reprenons la route vers Jucuran. On a moins de chance que d’habitude, il nous faudra marcher pendant 45 minutes avant qu’une voiture ne s’arrête.

Le début d’après-midi sera studieux, il nous faut une énième fois ré estimer le budget.
Et puis vers 14h30, on redécolle ! Nous avons rendez-vous avec le padre pour aller à La Bocana discuter avec les agriculteurs du Projet de Développement Agricole. Nous arrivons à la Bocana vers 16h…pour la petite anecdote, il suffit au Padre Serafin de klaxonner un petit coup pour que tous les agriculteurs arrivent ! On se rassemble tous devant l’Eglise. Le groupe d’agriculteurs nous propose un premier plan d’investissements de 1700 $ (graines, fertilisants, insecticides, outils agricoles…) qui entre largement dans notre budget. Ca nous convient, on donne notre feu vert pour le lancement du projet ! Et un de plus !


Mercredi 3 décembre

Lever à 7h. Nous avons encore rendez-vous avec le Padre Serafin (décidément, nous sommes inséparables !) pour aller à Usulutan cette fois, la grande ville la plus proche de Jucuaran. Nous avons plusieurs missions à y mener !
La première, aller à la Banque. Nous devons retirer de l’argent nécessaire à l’achat des fournitures des boursiers et des lits pour le foyer d’étudiants. Nous en profitons pour demander des codes d’accès aux comptes sur Internet (bien utile quand nous serons rentrés en France !) et le RIB de notre compte au Salvador pour tous les transferts. Et puis, nous demandons le taux de change actuel de l’€…Aïe aïe aïe…il est tombé à 1,2278…c’est très mauvais pour nos comptes tout ça !

Deuxième mission : acheter des lits pour le foyer. On se renseigne sur les prix dans un magasin de meubles. Ca nous semble trop cher (en tous cas, ça ne rentre pas dans le budget !). Le padre Seragin passe un coup de fil rapide à un menuisier de Puerto Caballo qui nous propose des lits simples très bon marché. Et voilà, c’est réglé !

Troisième et dernière mission : l’achat des fournitures. Nous trouvons une librairie qui pratique des tarifs assez avantageux. Nous achetons 163 cahiers et plusieurs dizaines de stylos et crayons ! On dévalise la boutique !

On repart vers 12h d’Usulutan, bien contents de notre matinée intense mais efficace.

A notre arrivée, on se remet un peu au travail. Mais surtout on prépare la pâte à crêtes (pour la 3è fois, nous n’aurons jamais fait autant de crêpes qu’au Salvador !). Cet après-midi, nous avons invité Dominga, la voisine, et ses quatre filles (adorables !) ainsi qu’Amelia (la maman du jeune garçon dont Elena était la cavalière pour sa graduacion) pour un après-midi crêpes.

Elles arrivent toutes avec une heure de retard (comme quoi notre théorie sur la notion du temps au Salvador restera valable tout le long de notre séjour !). On montre à tout le monde (y compris à la petite Candelaria de 7 ans) comment faire la pâte, puis comment la verser…comment retourner et faire sauter les crêpes dans la poêle…Grand moment de fou rire ! Autant vous dire que les gamines étaient surexcitées, surtout au moment de lancer la crêpe !

Vers 18h, nous partons tous à la « Posada », une procession d’enfants qui portaient une statuette de Marie et Joseph en chantant des chants de Noël (villancicos). On a marché avec le cortège, jusqu’à la porte d’une maison qui se maintenait fermée. Les enfants qui sont au dehors commencent à demander un gîte. A l’intérieur de la maison, on leur répondait qu’il n’y avait plus de place…Les enfants étaient en train de jouer le chemin de Marie & Joseph le soir de Noël. Et puis la porte de la maison a fini par s’ouvrir…tout le monde est rentré et s’est rassemblé en cercle. Un jeune diacre a lu un passage de la bible. Ca a duré 20 minutes, au bout desquelles l’hôtesse de maison a distribué des biscuits à tous les enfants. C’était un moment très authentique ! Ce genre de procession a lieu tous les soirs du mois de décembre, jusqu’à Noël.

Nous rentrons à la Casa vers 19h…Nouvelle séance travail, assez tendue cette fois. Il faut revoir le budget (encore et toujours) en considérant un scenario catastrophe concernant le taux de chante €/$.

Et puis, c’est ce soir que le Père Noël est passé et a déposé un joli paquet pour Anne-Sophie, notre chère présidente ! Sa famille et son cher et tendre lui ont envoyé un petit colis pour son anniversaire (bon, vu la rapidité de la poste salvadorienne, elle l’a reçu 2 semaines après mais bon ! c’est l’intention qui compte !). On vous laisse deviner son bonheur grâce à la petite photo…admirer son sourire !

jeudi 4 décembre 2008

du jeudi 27 novembre au lundi 1er decembre

( Veuillez nous excuser pour ces quelques jours ou nous n'avions plus acces a internet et nous ne pouvions donc pas actualiser le blog. En esperant que les fideles lecteurs de nos aventures nous pardonnerons ¡ Ci dessous plein de nouvelles toutes fraiches ¡)


Jeudi 27 Novembre
Après 3 semaines de dur labeur, nous décidons de nous accorder 2 jours de repos à la découverte des municipalités les plus isolées de Jucuaran.
Et nous voila partis pour une excursion de 2 jours…avec nos sacs de couchage et tout le tralala sur le dos !
Nous commençons par une « petite marche » de 3 heures de Jucuaran à la Ringlera en passant à travers champs, rivières, chemins de montagne…Inutile de vous préciser que nous nous sommes retrouvés face à un cul-de-sac et que nous avons du rebrousser chemin (normal, on n’avait pas de carte Michelin !).
Arrivés à la Ringlera, nous filons dans une tienda pour nous acheter des boissons rafraichissantes mais voila qu’un camion de BTP pointe le bout de son nez, nous pointons alors notre pouce en sa direction. Le camion s’arrête et nous grimpons à l’arrière et nous retrouvons au milieu de carrelage, de tronçons de bois, de polystyrène, de parpaings…Arrivés à la playa del Espino, nous nous rendons chez Clemen pour réserver 2 chambres et 8 hamacs pour la nuit. Nous passons donc le reste de la journée entre le sable chaud, l’eau de mer revigorante, les hamacs reposants, les bons plats (poisson frais frit)…A la tombée de la nuit, nous nous mettons à la recherche d’une lancha (barque) pour aller del espino à el salamar le lendemain matin ; nous avons eu droit à tout type de proposition allant de 100 dollars l’aller pour nous 8 à un départ à 4 h du mat’…nous nous en sommes finalement sortis pour une lancha a 15 dollars pour nous 8 à 7h du mat’ !!!
En rentrant à notre « hôtel », nous avons rencontré un couple de touristes (le premier !) qui visitait l’Amérique Centrale pendant plusieurs mois. L’homme était américain et prof à San Francisco et la femme française, prof d’espagnol en banlieue parisienne. Le reste de la soirée, nous l’avons passé entre mîmes, impros, jeu du Qui suis-je ? Puis chacun a rejoint sa couchette (hamac ou lit en dur) pour se reposer quelques heures avant une autre journée qui promettait d’envoyer du lourd ! D’autres ont opté pour le bain de minuit ! La nuit s’est plutôt bien passée (nous n’avons pas eu trop de moustiques et de bêbêtes bizarres).

Vendredi 28 Novembre
Nous décollons à 6h du mat’ le ventre tout juste rempli d’un demi quart de banane frite, d’une mini-omelette et de 10 g de frijoles pour les plus courageux…autant dire presque vide !
Nous rejoignons les pêcheurs que nous avions rencontrés la veille et amenons la lancha jusqu’à la plage…puis vint l’épreuve de la traversée El Espino / El Salamar à 8 avec nos énormes sacs + 2 pêcheurs dans une petite lancha. A titre d’information, d’autres pêcheurs avaient refusé de nous emmener à 8 car la lancha risquait de se renverser => adieu les appareils photos, les livres, les portables…autant vous dire que nous n’étions pas rassurés (demandez à Elena) !!!
Finalement, nous parvenons à grimper dans la lancha sans chavirer, à traverser les énormes vagues qui s’échouent sur la plage et à arriver à destination sains et saufs mais trempés…Nous nous posons donc sur la plage déserte del Salamar pour sécher avant de repartir ! Une heure après, nous repartons (je vous rappelle que nous avons encore le ventre quasi vide et nous devons nous contenter de quelques petits gateaux qui nous restent) pour le village del Salamar où nous retrouvons William, un des boursiers de la casa qui est adorable ! Il nous fait alors visiter l’école del Salamar dont 2 salles de classe ont été construites par la mission 2006 (et par la mission 2007 pour le toit). J’ai le plaisir de vous annoncer que la construction de ces 2 salles de classe est totalement terminée, bien réussie et opérationnelle… elles accueillent des élèves de CM2 et 6ème !
Nous partons ensuite à la recherche d’une tienda pour se désaltérer et se rassasier… nous la trouvons au milieu d’habitations, entre cochons, chiens et poules ! Les boissons sont rangées sous un toit en tôle dans un petit recoin… autant vous dire qu’elles n’étaient pas fraîches ! Nous nous en contentons et achetons un melon à partager…Une fois repus, nous repartons motivés et enthousiastes pour une nouvelle excursion de 2 heures…cette fois-ci, direction Agua Fria ! Oscar et William, 2 boursiers de la casa (adorables, je le répète !) nous accompagnent avec leurs 2 chevaux et le chien ! Au début, on s’est dit : « Ah, super, on va pouvoir monter à cheval, mettre tous nos sacs dessus et pouvoir reposer nos jambes… ». Laura G. s’y essaie en premier mais déchante vite fait (« Il n’a pas de selle ce cheval, çà me fait mal aux fesses, en plus pas d’étriers, donc je dois entourer mes jambes autour de son ventre et puis c’est difficile de tenir à la fois les sacs, le crin du cheval pour le diriger et une petite branche pour le faire avancer… !!! »), Aurélie et Elodie tentent à leur tour mais ne sont pas emballées ! A la fin, Oscar et William montent leurs propres chevaux et nous marchons à côté avec nos sacs à dos…La faim et la soif commencent à se faire sentir tout comme la sueur ! Nous luttons donc pendant 2 heures et arrivons finalement à Agua Fria.
Nous arrivons vers 12 h à Agua Fria. La maman d’Oscar nous attend les bras ouverts avec un bon déjeuner ! (des pâtes et des frijoles ! pour changer !)...ça fait du bien ! On a passé un bon moment dans la maison (en tôle et planches de bois) d’Oscar à jouer avec leur perroquet tout vert ! C’était plutôt marrant…enfin, au Salvador on se contente de peu ! Un perroquet peut nous éberluer pendant 1h ! Et puis direction la plage, toujours accompagnés par nos fidèles guides Oscar et William et leurs frères et amis d’Agua Fria. Nos deux boursiers sont ravis de nous montrer leur magnifique plage, leur environnement, leur village…et nous, sommes aux anges de partager de tels moments avec eux. La plage est magnifique, beaucoup plus petite que celle de El Espino, la baignade est excellente, les vagues toujours au rendez-vous, et avec en prime…une planche de Surf !
Après un bon bain de mer, un bon bain de soleil ! (on maintient un bon rythme !) Oscar et William nous ont rejoints et nous avons commencé une série de parties de cartes…le Quames plus précisément (pour les connaisseurs…) là encore, grand moment de fous rires, à essayer d’expliquer les règles en espagnol, à trouver des stratégies avec des binômes salvadoriens…très marrant ! Et très bon exercice de communication entre cultures !
Vers 17h nous sommes rentrés chez Oscar, se changer et se débarbouiller un peu…Tous les jeunes du village et des environs étaient réunis pour un match de foot (avec un but de Rudys mémorable !) sur le terrain, (qui n’est autre que le champ juxtaposé à la maison de Oscar)…Nous étions 7 minettes sur le bord du terrain, en extase devant les pectoraux de nos chers bousiers…Tous y étaient : Oscar, William, Rudys, Milton…(oui, vous remarquerez, les salvadoriens sont fans des prénoms anglicisés !)
Et puis, il était temps de rejoindre le camion qui devait nous amener à El Carrizal, là où vit l’oncle de Oscar, chez qui nous logions pour la nuit ! Moment mémorable ! On monte à 9 dans la remorque du camion…jusqu’ici tout va bien…mais tout commence à aller moins bien quand le camion démarre et commence à rouler sur un chemin on ne peut plus caillouteux, tortueux et escarpé ! Le voyage dure 30 min, on s’accroche bien pour ne pas tomber, et on se baisse pour éviter les branches…bref, très sportif tout ça !
Nous arrivons chez l’oncle d’Oscar vers 19h. L’accueil est charmant ! On nous pose pas mal de questions sur la France, pourquoi avoir choisi le Salvador, le contenu exact de notre mission…On nous offre un super bon dîner ! Et hop, dodo à 20h comme de vrais petits papys ! Mais honnêtement, après la courte nuit sur la plage, la marche de la veille, la marche du matin, le bain de mer et toutes ces aventures, on s’endort sur le champ !

Samedi 29 Novembre
Lever à 5h (ça fait mal !). Un autre camion doit passer à 6h, et nous amener jusqu’à Samuria, à 6km de Jucuaran. Pour la petite histoire, le camion avait été mis à disposition des partisans du FMLN (parti révolutionnaire de gauche, qui entend bien gagner les prochaines élections présidentielles en mars prochain) qui se rendaient à Samuria pour une sorte de meeting politique. Du coup, on est monté avec une dizaine de jeunes hommes (dont Oscar et son oncle et William) vêtus de T-shirts rouges (couleur du FMLN, ça tombait bien, nos T-shirts EDI sont rouges aussi !) avec le logo du FMLN, qui chantaient à tue-tête « El pueblo unido jamas sera vencido ! »…surréaliste comme scène !
Après 2h de route, nous arrivons à Samuria. Il nous faut maintenant parcourir les 6 derniers kms qui nous séparent de Jucuaran. A pied ?? Non !!!!!!!! Nous sommes devenus des adeptes de l’auto-stop. Alors hop, on lève notre petit pouce magique et miracle…la première camionnette s’arrête. Du coup, on arrive vers 9h chez nous ! Ca fait du bien de rentrer chez soi après 48h d’aventure.
On attaque une grande séance douche (on est bien crasseux !) et lessive dans les bassines…Nos vêtements sont poussiéreux et poisseux.
Et puis on se met tout de suite au boulot, après deux jours de loisir on a du pain sur la planche ! On s’est fixé ce week-end comme dernier délai pour la sélection définitive des boursiers. On n’a plus le choix, de cette sélection dépend tout notre agenda pour les deux semaines à venir (organisation des cérémonies de remise de bourses dans les trois lycées, achat des fournitures…). Alors, on se pose tous les huit autour d’un ordi, on prend toutes les candidatures que l’on réétudie une à une, on se tâte, on hésite, on acquiesce…Après une bonne heure et demie de tergiversations nous arrivons à un compromis : nous offrirons finalement 18 bourses !! On est super contents, puisqu’à celles-ci viennent s’ajouter les 37 adolescents qui bénéficieront de la construction du lycée de El Alambre, les 5 familles que nous aidons dans le cadre du projet de développement agricole et les familles bénéficiant des microcrédits. Ca fait plaisir ! Nous n’avons pas travaillé pendant un an pour rien !
La journée aura donc été bien studieuse.
Vers 18h nous dînons…très tôt ! Eh oui, mais c’est pour la bonne cause, à 19h nous prenons un camion pour aller au carnaval de San Miguel. Depuis le temps qu’Ursulo nous en parlait, voici enfin la soirée du mois !
On monte dans un camion bondé, nous nous frayons un chemin tant bien que mal et nous nous asseyons au milieu de la remorque, avec tous les jeunes de Jucuaran qui crient à tue-tête, sifflent, braillent, bref sont heureux ! Le voyage aller se passe plutôt bien, on chante des chansons en français, tout le monde applaudit et rit, l’ambiance est bon enfant, la soirée commence bien !
On arrive vers 20h30 à San Miguel, le camion de retour repartira à 2h30 : nous avons donc 6 heures devant nous. On suit Ursulo qui s’engage dans l’avenue principale de San Miguel. Nous suivons le cortège du carnaval, les espèces de carrosses avec des minettes habillées en « miss » qui faisaient des coucous du haut de leur perchoir, et jetaient des bonbons à la foule.
C’était plutôt marrant, bien qu’un peu décevant, nous nous attendions à voir des gens déguisés ce qui n’était pas le cas. En revanche, l’ambiance était vraiment bonne, sur l’avenue principale se tenaient des dizaines de petits groupes de musique : rock, salsa, cumbia, bachata…L’ambiance était très festive, très latino, très dépaysante.
Vers 23h, nous sommes rentrés dans le stade de San Miguel où se tenait la scène principale avec les stars latino-américaines du Reggaeton. Nous ça nous a pas trop plus, il y avait un monde fou, la musique était bien trop forte…On n’est donc pas resté très longtemps, on a préféré retourner dans la rue, où se tenaient les petits groupes. On a vraiment bien aimé le groupe de Marito Rivera, chanteur de cumbia, bien pêchu et dynamique…à tel point que nous avons acheté son CD. On vous fera écouter, vous verrez c’est bien sympa !
Et puis, vers 2h, on est retourné au camion, pour rentrer à Jucuaran. Et là, horreur ! Il n’y a plus de place dans le camion, il est encore plus blindé qu’à l’aller, on n’a presque aucune place pour s’assoir, encore moins pour étendre un minimum les jambes (demandez à Coco, il a vraiment dû souffrir !). Nous qui voulions dormir c’était peine perdue ! D’autant plus que tout le monde était surexcité, hurlait à chaque secousse ou chaque virage…Et puis c’était sans compter avec les retardataires. Les derniers sont arrivés à 3h30, moralité on est parti avec 1h de retard. Après 1h30 de voyage assez pénible (il y avait des gens debout dans le camion qui nous tombaient dessus au moindre virage…charmant !), nous sommes arrivés vers 5h du matin à Jucuaran. Autant vous dire que ça a été direct au lit !

Dimanche 30 Novembre
Fatalement, le lendemain matin nous ne nous sommes pas levés à 7h comme d’habitude. On émerge à 12h (wowww super grasse mat’ pour les salvadoriens !)…on se prépare doucement. On attend Margarita, qui nous a invité chez elle pour faire des pupusas, le plat traditionnel salvadorien. Elle vient nous chercher et nous amène chez elle. Là tout est prêt dans la cuisine, la plaque est chaude, la pâte est prête, les garnitures aussi…On a plus qu’à mettre la main à la pâte ! On regarde Margarita faire les premières : elle prend un peu de pâte, l’écrase dans ses mains pour en faire une petite galette, puis fait un petit puits pour y mettre la garniture (au choix fromage, frijoles, fromage et loroco) puis écrase à nouveau la pâte pour reformer une petite galette…et hop, elle la pose sur la plaque chaude pour la faire cuire.
A nous maintenant ! Euh, les nôtres seront peut-être bonnes, mais elles ne sont pas très belles, en tous cas, ne sont pas rondes comme celles de Margarita.
On en fait une bonne quarantaine au total. On se met à table tous ensemble pour les déguster. C’est délicieux, bien meilleur que les pupusas que nous avons goûtées jusqu’à présent. Surtout avec la petite sauce tomate et la salade de chou ! On parle de la situation économique du Salvador, le fait notamment qu’avec un Bac +6 Margarita n’arrive toujours pas à trouver de travail.
Vers 17h nous rentrons chez nous pour mieux repartir à la messe à 18h. C’est le padre Nicolas qui officie la messe, du coup ça passe mieux, c’est moins soporifique qu’avec le padre German et plus compréhensible !
Nous passons une soirée tranquille, à bosser un peu.

Lundi 1er Décembre
Lever à 7h. Nous devons rejoindre l’ingénieur Leonidas à 9h30 pour aller à El Alambre voir le début de la construction du lycée. Nous arrivons vers 12h à El Alambre (la route nous semble moins tortueuse et escarpée que la première fois que nous y étions allés, ou alors c’est nous qui commençons à nous habituer aux routes salvadoriennes…). Et là, à notre plus grande joie, on voit une groupe de jeunes en train de détruire le hangar qui se tient là où le lycée sera construit ! Ca a commencé, et ça, c’est une grande satisfaction ! Et puis nous voyons un premier camion arriver avec des parpaings, des outils, et tout ce qu’il faut ! Ca y est, tout se concrétise.
Nous restons près de 3h à El Alambre, il faut installer les deux maçons qui resteront sur place pendant la construction, trouver une famille qui accepte de leur faire la cuisine pendant les travaux, régler les derniers détails, et nous repartons vers Jucuaran.
Le padre Serafin nous attend. Nous lui avions demandé de nous retrouver pour lui faire signer tous les contrats de bourse. Il y en a une cinquantaine à signer (3 exemplaires pour chaque contrat). Et puis, nous planifions quelques rendez-vous, à la banque, pour l’achat des fournitures…
La fin de la journée sera studieuse, nous avons tous les contrats à préparer pour notre première cérémonie de remise de bourses le lendemain matin, le budget à fignoler…

LE CONCEPT DE CABALLERO

Les vieux (pour ceux qui ne sont pas à l’aise avec le jargon ESSEC , il s’agit des troisièmes années qui sont partis l’année dernière) nous avaient prévenus quand ils ont su que nous allions aux fiestas des graduaçion des collégiens et lycéens (cf l’article « 1ère soirée salvadorienne »). Je reprends leurs termes : « cela fait plouc de se trémousser toute seule dans une soirée salvadorienne ».
On se dit qu’un cavalier salvadorien c’est somme toute un cavalier tout court , c’est-à-dire –j’ose ce truisme- quelqu’un avec qui on danse toute la soirée et qui permet de se sentir moins plouc.Et pourtant c‘est bien plus compliqué que cela en l’air. Dressons une petite typologie pour y voir plus clair.



La cavalière d’honneur : il s’agit bien sûr de celui d’Elena à qui une femme du village lui a demandé d’accompagner son fils à la fiesta de vendredi soir dernier. Sa belle mère d’un soir a fait comprendre que cela nécessitait tout un cérémonial. Elle lui a tout d’abord offert une magnifique robe à rayures roses pour qu’elle le mette le soir du « bal ». Puis elle est revenue pour présenter son fils à Elena. Enfin, elle est arrivée une heure avant la soirée à robe à paillettes afin de s’assurer que tous les préparatifs soient bouclés-euh en fait on ne sait pas trop pourquoi. Après ces rituels arrive la soirée en elle-même. La cavalière d’honneur attend de manière hésitante la danse d’ouverture et ne peut se donner une contenance qu’en enlevant et remettant sans cesse ses boules quiès. Autres caractéristiques de la cavalière d’honneur : elle est plus grande que celui qu’elle accompagne et elle lâche son cavalier assez rapidement pour aller danser avec ses amis français.

Le cavalier imposé car évident : il s’agit de celui d’Aurélie, c’est-à-dire Coco. Eh oui, il est pratique d’avoir son novio (fiancé) avec soi au Salvador car cela évite les quatre catégories de caballeros suivants.
Le cavalier qui s’impose : celui-là, on pourrait le retrouver en France mais la différence est qu’il s’impose encore plus parce-que sa proie est …française ET blonde. Au début, il demande gentiment de danser avec lui puis plus la soirée avance, plus il est saoul et plus il danse collé-serré. Les tentatives de Coco sont vaines, seul une Salvadorienne que l’on connaît peut le convaincre de s’en aller….
D’où le cavalier imposé pour la bonne cause : c’est souvent un ami de la Salvadorienne qui sauve du « cavalier qui s’impose »…Elle le présente en disant qu’il est très gentil et que surtout il dansera sans …s’imposer. Ce qui est vrai !

Le cavalier imposant : son portrait-type :cent kilos au bas mot, environ trente-cinq ans, fait danser une mi-salsa-mi-polka. Et surtout qui a une crise de fou rire quand on lui fait une tentative de démonstration de tectonique.
Le cavalier à qui l’on s’impose : bah pas grand’ chose à dire à part tout simplement que c’est celui avec lequel on bafoue tous les codes culturels locaux car il se fait inviter PAR UNE FILLE.

Le cavalier à qui l’on n’a pas osé s’imposer : celui là n’est pas spécifiquement salvadorien, il est universel. C’est celui qui est repéré depuis le début de la soirée et avec qui il serait agréable de danser. Il vous fera juste un clin d’œil de temps en temps et ce cavalier restera chimérique, ce qui ne lui donnera que plus de charme.


CONCLUSION : la diversité des cavaliers salvadoriens fait en grande partie l’exotisme des soirées salvadoriennes. Mais ils trouvent leur point commun dans une norme salvadorienne : ne jamais les regarder dans les yeux. Malheureusement, les vieux nous ont prévenu trop tard de cette règle. Les cavalières françaises ont donc passé leurs premières soirées salvadoriennes à essayer de capter vainement le regard de leurs cavaliers salvadoriens…


Laura G.

lundi 24 novembre a mercredi 26 novembre

Lundi 24 novembre :

Voilà une nouvelle semaine qui commence à Jucuaran, la 4ème depuis que nous sommes arrivés et nous commençons à prendre conscience du peu de temps qu’il nous reste pour finaliser les projets et profiter encore de ce beau pays.
Nous partons à quatre pour faire les courses à Usulutan. Ursulo est au commande du bus et tout se passe normalement jusqu’à ce qu’un vieil homme qui voulait monter dans le bus s’effondre au milieu de la route. Tous les passagers du bus commencent à s’agiter et Ursulo descend soudainement du bus pour porter le vieillard et l’allonger dans le bus. L’homme est conscient mais a du sang sur la tête. Du coup Ursulo remonte à toute vitesse au volant de son bus et fonce tout droit jusqu’à Usulutan, tout en passant des coups de fil. Ursulo ne s’arrête même plus pour faire monter les gens qui attendent sur le bord de la route et s’est à peine s’il ralenti lorsque quelqu’un veut descendre … ! Scène complètement hallucinante !! A Usulutan, nous nous arrêtons et deux minutes plus tard, deux voitures de police débarquent avec les gyrophares pour récupérer le vieil homme blessé. Bref, jamais nous ne seront arrivés si vite à Usulutan ! Nous sommes aussi ultra efficaces sur les courses et une heure plus tard, nous parvenons même à récupérer le même bus d’Ursulo qui repart en direction de Jucuaran. A l’aller comme au retour, des dizaines de vendeurs montent et descendent sans cesse du bus, comme d’habitude, pour tenter de nous vendre des quesadillas (gâteau au fromage), des bananes frites, des pastèques, des bonbons et tout un tas d’autres cochonneries. Un homme nous déroule aussi son argument de vente pour une pilule censée éliminer les bactéries et les parasites de votre corps et une autre nous vante aussi les bienfaits d’une pilule miraculeuse …
L’après-midi nous avons rendez-vous avec Lucia, la présidente du Comite Norte, une association locale avec qui nous travaillons depuis 3 ans et qui gère les microcrédits de vache, de poules et d’engrais. Le principe est simple : il y 3 ans, EDI a prêté de l’argent a des familles pour qu’elles puissent réaliser leur premier investissement et impulser un élevage de poules ou de vaches ou des cultures. Nous faisons donc avec elle un point sur le fonctionnement de des microcrédits : les familles semblent très satisfaites du partenariat et n’ont eu aucun problème pour rembourser l’argent prêté. Les premiers microcrédits ont été remboursés il y a peu et d’autres remboursements sont à venir, de telle sorte que, désormais les familles sont autonomes. L’argent remboursé au fur et à mesure sert à financer de nouveaux microcrédits pour de nouvelles familles ou pour des familles qui en bénéficient déjà et qui veulent étendre leurs élevages ou leurs cultures. Bref tout fonctionne pour le mieux ! Une réunion est prévue la semaine prochaine avec les familles bénéficiaires pour les rencontrer et éventuellement récolter leurs suggestions.

Mardi 25 novembre :

Ce matin réveil matinal à 6h30. C’est une journée décisive pour l’avancée de notre projet et qui promet d’être intense en travail. Nous avons programmé une réunion cruciale avec les deux Padres et quelques boursiers afin de procéder à la sélection des nouveaux boursiers. La réunion débute avec le Padre Nicolas, que nous avons tenu à inviter pour cette réunion, afin de l’impliquer au maximum dans le projet des bourses, et avec Oscar, l’un des boursiers qui vit dans le foyer à Jucuaran. Nous abordons avant tout chose la question du coût des fournitures scolaires et des uniformes avec Oscar. Comme une place se libère cette année dans le foyer, nous pensons aussi proposer à un élève qui passe en 3ème année de lycée et qui vit loin de Jucuaran, de venir finir sa dernière année au foyer. Nous devons d’abord demander l’avis du Padre Serafin et des autres garçons du foyer afin de voir s’ils sont prêts à accueillir un nouveau venu. Le Padre Serafin nous rejoint un peu plus tard et nous pouvons entrer dans le vif du sujet : nous lui présentons toutes les candidatures que nous avons retenu pour le moment afin d’avoir son avis sur la situation économique et familiale de chaque élèves. Le Padre est trop au taquet, il fait fonctionner à fond son réseau : dés qu’on lui parle d’un élève il appelle quelqu’un qui sera capable de lui fournir tous les renseignements nécessaires !! Un adepte du net-working le Padre, mieux que le réseau de l’ESSEC ! Il connaît absolument tout le monde et son aide nous est donc très précieuse afin de faire la sélection la plus juste possible. Nous pensons accorder cette année entre quinze et vingt bourses.
Vers 10h, Leonidas, notre ingénieur préféré nous rejoints. C’est un ami du Padre Serafin (on vous l’a dit : ici tout le monde se connaît !). Nous abordons avec lui l’autre point déterminant : le budget des deux salles de classe que nous avons prévu de construire à El Alambre. Nous avions fixé à Léonidas un budget de 15 000 dollars et celui-ci est parvenu à nous faire un devis à 14 999 dollars !! Ca se joue vraiment au dollar près ! Nous souhaitons éclaircir cependant quelque point : nous voulons être sûrs que le budget englobe bien tous les coûts afin de ne pas avoir de mauvaise surprise. L’eau nécessaire pour le chantier n’est pas comprise ainsi que le transport de l’eau et il serait préférable de budgéter un peu plus afin de prendre en compte les imprévus potentiels liés au chantier. Nous trouvons aussi étrange que l’ingénieur ne nous ait jamais parlé de sa rémunération personnelle … : il nous explique que son gain sera en fait minimal, il va essayer de grignoter sur chaque dépense pour pouvoir se rémunérer mais finalement pour lui ce n’est pas le chantier du siècle !! La construction de ces deux salles de lycée ne devrait donc pas dépasser les 16 000 dollars. Nous pouvons donc désormais affirmer avec une quasi certitude que nous allons pouvoir réaliser ces deux salles de classe et ainsi permettre à une trentaine d’enfants d’El Alambre d’aller au lycée, ce qui jusqu’ici leur était impossible. Afin de ne pas perdre de temps, le début de la construction est prévu pour lundi prochain. Les groupes de travail vont pouvoir se mettre en place et commencer par démolir les bâtiments actuels. Nous nous rendrons lundi sur place avec Leonidas afin de constater le début du chantier.
Que de bonnes nouvelles !!
Rudy, un autre boursiers du foyer nous rejoints alors que les Padres, Oscar et Leonidas prennent congés. Nous discutons avec lui des nouveaux boursiers et lui posons les mêmes questions qu’à Oscar concernant les coûts des fournitures scolaires.
La réunion s’achève vers midi et demi.
Nous nous dépêchons de manger car nous sommes invités à 13h par l’ex belle-mère d’Elena à faire des enchilladas chez elle. Elle vient nous chercher et nous marchons une vingtaine de minutes pour rejoindre le village de Guazacapan. Sa maison est assez rudimentaire, sans électricité, faîte de tôles et de bois, avec un sol en terre et rafistolée de toute part, mais l’endroit est trop mignon : en arrivant il y a un petit chemin bordé de fleurs et de plantes et une petite cour dans laquelle gambadent des dizaines de petits poussins et de poules. Derrière la maison il y a un petit jardin avec un grand réservoir d’eau qui fait aussi office de salle de bain. Les toilettes sont des latrines construites par Oïkos !! Même ici l’ESSEC nous poursuit ! Il y a aussi deux poulaillers dans lesquels deux énormes poules sont en train de couver des œufs ou de tenir chaud à de minuscules bébés poussins. Nous sommes un peu tous émerveillés par l’endroit ! Après la découverte des lieux nous passons à la confection des enchilladas : il s’agit d’un plat typique du Salvador, au même titre que les pupusas et autres tortillas. Les enchilladas sont de petites galettes rondes faîtes à partir de farine de maïs et frites dans l’huile. La pâte est d’abord préparée en mélangeant de l’eau, de la farine de maïs, de la graisse, du colorant et du bouillon. Amélia, l’ex belle-mère d’Elena, saisie ensuite un bout de pâte qu’elle imbibe d’huile (et là, nous commençons à nous dire qu’on aurait peut-être pas dû manger ce midi …). Elle forme avec ses doigts un disque de pâte et lui donne ensuite la forme d’un sombrero qu’elle aplanit ensuite avec les paumes de ses mains… toute une technique !! Elle fait ça avec une dextérité impressionnante ! Elle plonge ensuite les galettes dans une énorme casserole remplie elle aussi d’huile bouillante …Elle les fait frire environ cinq minutes puis les ressort en les posant sur du papier absorbant (plus pour se donner bonne conscience qu’autre chose car les galettes sont de toute façon gorgée d’huile… !). Ces galettes se servent accompagnées de salades, de fromage râpé, d’œufs durs et de purée de frijoles. Après la démonstration, place à la pratique ! Nous réalisons tous nos galettes avec plus ou moins de réussite et nous voila attablés à 3 heures de l’après-midi, à faire un deuxième déjeuner et à manger des enchilladas … Mais c’est tellement bon qu’on ne résiste pas à l’envie de nous resservir…Vers 16h, nous quittons les lieux après avoir remercié notre hôte et promettons de lui en acheter lorsqu’elle repassera chez nous.
La fin de la journée se passe tranquillement, entre rédaction de carnet de bord et lecture. Nous n’avons plus faim pour dîner. Couchés à 21h …

Mercredi 26 novembre

Au programme aujourd’hui une journée un peu plus off : nos trois sportifs Elo, Aurélie et Coco n’en pouvant plus de ne pas avoir quitté Jucuaran depuis deux jours partent faire un footing jusqu’à la Ringlera. Les moins téméraires restent à la maison pour travailler et nous sommes emportés par un formidable élan de motivation : nous réalisons un fichier Excel regroupant par collège et lycée les boursiers potentiels. Nous appelons tous ces élèves pour déterminer au cas par cas le coût du transport entre leur maison et l’école. Nous en profitons pour tester à nouveau leur motivation, leur rappelant qu’ils s’engagent à aller au lycée pendant 3 ans et à avoir de bonnes notes, et discutons aussi avec les parents lorsque c’est nécessaire. Parfois nous préférons appeler l’école afin d’obtenir des informations complémentaires sur la situation économique de certains. Ce travail nous prends un temps fou mais grâce à tous ces appels, nous pouvons maintenant déterminer exactement le coût de chaque bourse pour chaque élève et ainsi faire une estimation du nombre de bourses que nous allons pouvoir accorder en fonction de notre budget restant. Nous terminons à 13h.
L’après-midi, alors que nos sportifs sont revenus, Aurélie la trésorière et pro d’Excel réalise avec Laura G. un fichier d’estimation du coût des bourses avec tout un tas de formules compliquées…
Vers 17h30, des enfants viennent à la maison pour prendre un cours d’anglais, qui se transforme en fait en cours de français.
Vers 19h, nous nous remettons au travail pour appeler le lycée de Samuria et programmer la remise des diplômes qui aura lieu mardi matin de la semaine suivante. Nous prévoyons aussi une séance de course à Usulutan le mercredi afin d’acheter les fournitures scolaires et pouvoir les remettre en main propre aux boursiers. Ceci afin de mieux contrôler où va notre argent. Nous réglons encore quelques points concernant le budget : quel taux de change euro/ dollars prendre en compte ? De combien sont les frais de commission de la banque pour le transfert de notre argent du compte français sur le compte salvadorien ?
Après cette journée de travail finalement bien remplie, nous préparons nos sacs pour les 3 jours d’excursions que nous avons prévues. Et nous nous couchons vers 22h …Grosse veillée au Salvador !

mercredi 26 novembre 2008

Appel a nos amoureux




Appel à la grandeur d’âme de 3 amoureux transis :

Nous soussignées Anne-Sophie L., Elena A. et Laura D., exigeons que le jeudi 25 décembre à 10h45 pétantes heure française, Messieurs Nicolas P. Guillaume B. et Florian C-M soient présents au terminal 2A de l’aéroport Charles De Gaulle, Paris, France à la porte d’arrivée du vol CO 0010 en provenance de Houston, Texas, USA.

Bon… en gros ça veut dire que vous avez intérêt à vous ramener à l’aéroport. Aucune excuse ne sera acceptée (ni déjeuner avec Mamie Nicole, ni Noël en Corrèze, ni grève des CGTistes sur le métro parisien). Sinon on reste sous le soleil du Salvador !!

Bon… et comme vous aimez bien l’entendre… Vous nous manquez TROOOOPPPPP !!!!!


Pour information, les petites Elodie Gautier (numéro de passeport GHUY67) et Laura Geniez (numéro de passeport FCD60) seront attendues à ce même hall d’arrivée, même vol, même horaire, par leurs parents, Mr et Mme Gautier et Mr et Mme Geniez. Sous peine de rester au Salvador avec un beau salvadorien. Mesdames, Messieurs merci de votre attention. Au jeudi 25 décembre donc, si le message est bien passé.

















Elena et Laura D.

mardi 25 novembre 2008

Mercredi 19 au samedi 22 novembre

Mercredi 19 Novembre

Anniversaire de Laura D. !!!

Journée assez tranquille : Un premier groupe est allé rencontrer une association locale qui agit dans toute la communauté de Jucuaran…
Pendant ce temps, l’autre groupe a avancé sur l’étude des demandes de bourses, sur l’audit des comptes 2007 et sur l’allocation du budget 2008.

Evénement marquant de la journée : vers 18h, une mygale (« non, ce n’était pas une grosse araignée… c’était une mygale… ! ») a pointé le bout de son nez sur notre terrasse…s’en est suivi des cris et des hurlements, comme vous pouvez l’imaginer ! Pendant ce temps, la mygale a filé sous notre nez…et s’est réfugié dans la « salle de bains » (comprendre bac à eau)…Seulement, nous ne savions pas quoi faire : la tuer ou la laisser filer !
Heureusement, notre cuisinière Maria était là et en a fait son affaire ! (Cf. photos)
Elle nous raconta après qu’elle vivait dans une maison en terre et qu’elle avait donc l’habitude de tuer des mygales, des serpents…SUPER MARIA !
Faut dire que nous n’en menions pas large (je parle d’Elena, Laura D, Aurélie et moi) !

Jeudi 20 Novembre

Grosse journée en perspective : Nous sommes invités au 1er congrès régional de l’entrepreneuriat organisé par l’université de San Miguel.
Nous nous levons donc à 5h du mat’ (pas besoin de préciser que le réveil fut dur) et prenons un premier bus à 6h puis 2 autres bus et arrivons enfin à 9h à l’hôtel Tropica Inn (lieu ou se tenait la conférence), autant dire que çà nous a fait du bien de voir ne serait-ce qu’un semblant de civilisation : magasins, centre commercial, Burger king, Pizza Hut…
Notre premier reflexe en arrivant dans cet hôtel fut d’aller aux toilettes (enfin de vrais toilettes !) puis nous avons été accueillis comme des VIP : places aux premiers rangs, présentation devant toute la salle…La conférence fut intéressante : 3 entrepreneurs sont venus partager leur expérience avec les étudiants présents, puis un prof de l’université nationale du Costa Rica a fait un exposé sur l’entrepreneuriat.



A la fin, nous avons eu le droit à la remise des diplômes et aux photos officielles et bien sur au cocktail ! Il faut croire que ce cocktail ne nous a pas suffit vu que nous avons filé au Burger King ensuite…
Puis, nous avons pris 3 bus pour rentrer à Jucuaran, 3 heures plus tard !

Vendredi 21 Novembre

Anniversaire d’Aurélie (pas besoin de préciser que Coco lui a offert de super cadeaux, vous pourrez le constater par vous-mêmes s’il accepte de vous les montrer !)

Nous avions rendez-vous au lycée de Samuria à 9h pour la graduacion des collégiens et des bacheliers. Nous sommes arrivés en retard à cause d’un problème de bus (tout à fait normal et habituel au Salvador) et avons fait apparition en plein milieu de la messe ! Le padre Serafin, comme à son habitude, nous a présenté aux gens présents ! Puis, nous avons suivi la procession des gradués jusqu’au lycée de Samuria ou a eu lieu la remise des diplômes. Comme d’habitude, nous avons eu le droit à l’hymne national et aux discours « pompeux ». De ces discours, j’ai retenu 2 choses qui m’ont bien fait rire :
- discours de la directrice du lycée de Jucuaran
« Les professeurs qui enseignent dans notre école sont par définition des professionnels et ne commettent donc jamais d’erreur alors que les docteurs, eux, commettent des erreurs et ces erreurs, on les retrouve dans le cimetière. » Ceci n’est pas une blague, je ne fais que répéter ses propres propos et au passage, désolé pour les docteurs qui nous lisent !

- discours du maire de jucuaran
« Comme vous avez été des élèves sérieux et attentifs cette année, je vous offre plusieurs cadeaux. Tout d’abord, j’ai fait venir 2 discothèques mobiles de San Salvador rien que pour vous, pour faire la fête ce soir! Ensuite, j’offre à tous les gradués une journée au parc aquatique de San Salvador avec transport et bouffe REFRIGEREE inclus ! »
Il faut savoir que le maire est actuellement en campagne et est donc prêt à faire toute sorte de promesse pour rallier la population à sa cause.



Après cette cérémonie (ou nous n’avons pas été reçus comme des « invitados especiales » mais plutôt comme de vulgaires participants), nous avons rejoint le Padre Serafin qui nous a emmené voir les agriculteurs faisant parti du Projet de Développement Agricole. Ce projet avait été lancé par la mission 2007 mais n’a pu être concrétisé à cause de divers problèmes. Le PDA fonctionne de la manière suivante : 5 paysans cultivent en commun un champ et vendent ensuite leurs cultures sur le marché. EDI leur paie au départ le loyer du champ, les semences et les fertilisants. A terme, les paysans doivent devenir autonomes c’est-à-dire qu’ ils financent eux-mêmes la culture suivante grâce au revenu tiré de la vente de la précédente.
Après cette réunion avec les agriculteurs ou nous avons pu tirer au clair les problèmes survenus tout au long de l’année et mettre en place l’organisation du projet pour l’année 2009, nous sommes rentrés à Jucuaran.


Nous avons enchainé directement une réunion avec le Padre Serafin (il faut dire qu’il a un agenda de ministre et qu’il faut donc profiter de ses moments libres pour lui poser toutes nos questions et prévoir avec lui la suite des événements).

Samedi 22 Novembre

Fête d’anniversaire d’Aurélie, Laura D et moi !

Pour cela, nous avions invité tous nos amis du village de Jucuaran (petits et grands), avions fait une centaine de crêpes et avions décoré la maison avec des ballons partout.






Malheureusement, nous n’avons pas réussi à trouver des bougies pour les souffler chacune notre tour comme le veut la tradition française.
Elodie et Corentin n’ont pas eu de mal à trouver une solution : pourquoi ne pas fêter notre anniversaire selon la tradition salvadorienne ? Comment ? et bien c’est simple, il suffit d’acheter une peluche que l’on remplit de bonbons, le but du jeu est ensuite de frapper cette peluche jusque ce que mort s’en suive et que tous les bonbons sortent ! => cf . vidéo !


Nous avons mis un peu de musique pour égayer tout ce p’tit monde et avons réussi à entrainer tout le monde sur le dance floor !

samedi 22 novembre 2008

Nos animaux domestiques

Qui a dit que nous vivions à 8 dans notre casa si cosy ? Nous sommes en réalité bien plus à vivre ensemble! Voici un petit aperçu des autres habitants :

Les poules : elles sont deux, elles sont moches avec leur allure de dindon, mais au moins elles nous sont fidèles. Elles se baladent tranquillement dans le jardin, ne gênent personne, n’arrangent personne non plus car elles ne font pas d’œufs et ne sont pas assez en chaire pour qu’on en rôtisse une au barbecue un soir.

Les chiens : tous les jours, quelques uns osent s’aventurer dans notre jardin. Ils sont laids et maigres. Pour les faire fuir, il suffit de faire un petit « pchiiit » de la bouche, et ils déguerpissent aussitôt sans rien dire. Cela procure une sensation d’autorité assez jouissive.

Les chats :
ils se courent après et se battent la nuit dans le jardin. Ne pas confondre leurs cris avec ceux d’un bébé (la ressemblance est assez perturbante). NB : à notre connaissance, aucun bébé ne s’est encore battu dans le jardin.

Les vaches :
spéciale dédicace au troupeau qui passe devant chez nous chaque matin et chaque soir. Faudra penser à les inviter un de ces jours.

Les blattes, ces mal-aimées : Les blattes sont devenues un sujet de conversation fréquent. Chacun a pris l’habitude, en revenant des toilettes, d’annoncer le nombre de blattes présentes, avec leur emplacement exact.
Les blattes investissent également les chambres, provoquent parfois des cris, souvent du dégoût, et finissent souvent écrasées ou dévorées par les fourmis. Quelle fin injuste pour des petites bêtes si inoffensives …

Nos amies les fourmis : Elles sont ici et là, dehors ou dedans, ne font pas de bruit. Elles sont parfois très grosses, ce qui dissuade de marcher pieds nus la nuit. Ce sont cependant nos amies, car elles mangent les blattes (cf. ci-dessus)

Les araignées : sous la lunette des toilettes, dans les chambres, ailleurs, en rencontrer une n’est jamais très agréable. A la différence des blattes, toute mort anticipée est justifiable par le fait que les araignées peuvent piquer.

Chantale la mygale: é-nor-me, elle est énorme ! Noire, 6 cm x 2 cm pour le corps, 8 longues pattes velues …il n’en faut pas plus pour affoler les habitantes de la maison qui se réfugient à l’autre bout de la terrasse ! Heureusement Maria la cuisinière-guerrière est là et, munie d’une lampe frontale d’une bombe anti-insectes et d’un bâton de fer, part à la chasse de la répugnante intruse.
Avant / Après:











Les moustiques qui piquent : Insecte bien connu pour sa présence intempestive, ils viennent parfois très nombreux lorsque les températures nocturnes restent douces. Malheureusement pour eux, ce sont aussi contre eux que nous sommes les mieux protégés : moustiquaires, bombes anti-moustique, spray anti-moustique, vêtements longs. Malheureusement pour nous, ce sont quand même eux qui nous font le plus de mal : piqûres, boutons qui grattent, rougeurs. Ils nous ont eus !

Sapo le crapeau :
Sapo vit reclus près du réservoir à eau. Il est assez timide et pas très dynamique, même lorsqu’on le titille. Il lui arrive aussi de sortir du caniveau. A moins que ce ne soit un de ses confrères…

Yvon le scorpion : Yvon osa sortir de sa tanière un soir où les occupants de la maison n’étaient pas encore tous couchés. Grand mal lui en pris, lorsqu’une savate s’abattit sur son petit corps fébrile. Paix à son âme.

Annabelle la sauterelle :
Avant/Après :
Hugo le mulot : Hugo, lui, a bien choisi sa chambre : c’est celle d’Elo et Laura G. Pourquoi ? Parce qu’on y trouve des biscuits Oréo facilement accessibles la nuit. L’emballage ne lui fait pas peur, il suffit de le grignoter ! Mais le bruit réveille Elodie qui cherche à savoir quelle bête vient lui manger ses vivres. Pris sur le fait, Hugo le mulot tombe alors dans le piège de la jeune fille, qui l’attrape grâce à sa moustiquaire. Elle l’assommera, le ligotera, et aspergera la toile de bombe anti-insecte pour le dissuader de la ronger. Mais le lendemain matin, Hugo n’est plus dans son filet, il s’est évadé !

L’animal mystérieux : Il rôde près de la cabane des toilettes. Il passe sur les toits de tôle pendant notre sommeil. On ne le voit pas, on l’aperçoit. Très rarement. Qu’est-ce ? Un gros rat ? Un ragondin ? Un gros mulot ? (le papa d’Hugo le mulot ?!) Nul ne le sait, la bête entretient bien le mystère…

Aurélie , pour 30 millions d’amis

PS: photos croustillantes à venir...lorsque lorsque connection sera plus favorable

Los ninos de Jucuaran

Loin de notre famille, de nos chéris, de nos amis, il y aura toujours a Jucuaran de bonnes âmes pour venir nous serrer dans leurs bras lorsque nous sommes en mal de tendresse et de câlins…Les jeunes et beaux salvadoriens ? Le padre Nicolas sexy avec sa petite barbichette ? Notre fidèle voisin et chauffeur plus connu sous le nom d’Ursulo ??? Rassurez-vous nous ne commettrons aucune infidélité !! Nous parlons en fait des …ninos de Jucuaran, ces petites bouilles trop choutes qui nous font de grands sourires tous les jours, nous regardent avec des yeux émerveillés en essayant de se rappeler des prénoms de chacun d’entre nous (et ils ont d’ailleurs très bonne mémoire puisqu’il se souviennent même des membres des missions précédentes), nous prennent dans leurs bras dés le premier jour, nous offrent des bracelets et des colliers alors qu’ils n’en possèdent pas eux-mêmes, nous harcèlent pour qu’on organise des ateliers de jeux et de coloriage …
Dés le début, pendant notre expédition a la famosa cueva (une grotte située près de Jucuaran dans laquelle, paraît-il, se nichent des couleuvres et des chauves-souries… Tout un mythe la cueva !!), chaque petite fille s’est approriée une personne dans le groupe. Et de là sont nées des relations reciproques pleines de tendresses et des moments inoubliables :
- La chouchoute de Meryam et d’Elena s’appelle Candelaria, plus connue ici sous le doux nom de Candy ou de Canda. Avec ses grands yeux pétillants et son sourire attendrissant sans ses quatre dents de devant, elle est à croquer !
- Anne-So a craqué sur Carmen (la grande sœur de Candy) qui lui raconte des histoires dont elle ne comprend qu’un mot sur trois et entraine notre présidente dans des rocks endiablés !
- Laura G. (Laura dos) a aussi jeté son dévolu sur Carmen, comme quoi, malgré l’absence de communication, il est possible de partager plein de choses ! Entre autres l’appareil photo de Laura que Carmen ne cesse de lui piquer !
- Laura D. (Laura uno) garde un joli souvenir de Blanca lui tenant la main très fort sur le chemin de la cueva pour l‘aider dans les passages difficiles. Et oui les petits salvadoriens sont bien plus courageux que nous, ils sautent, ils courent pieds nus dans les cailloux, même pas peur !
- Aurélie passe dire bonjour a la jolie Veronica dés qu’elle passe au cyber et elles ne cessent de prendre des photos ensemble.
- Antonia adore taquiner Coco sur sa novia Aurélie



Et à côté de ces petits anges, il y a les diablitos : de jeunes garçons de 6 à 10 ans de Jucuaran qui trainent toute la journée dans les rues et qui, pour occuper leurs vacances, n’ont rien trouvé de mieux que de venir nous embêter ! Ursulo nous a expliqué qu’avant la période qui précède Noël, ils sont toujours tout excités et font exploser des pêtards dans le village. Depuis quelques jours ils prennent un malin plaisir à les faire sauter juste devant notre porte ou, encore mieux, dans le tuyau par lequel s’écoule l’eau. Ils ne sont peut-être pas foncièrement méchants mais nous nous retenons pour ne pas nous énerver lorsqu’ils viennent nous narguer !!

Voici donc un petit aperçu des petites frimousses de Jucuaran, entre câlins et taquineries. L’après-midi crêpe que nous voulons organiser pour eux promet d’être agitée !


Laura D.

mercredi 19 novembre 2008

Mardi 18: Rencontre des boursiers EDI de Jucuaran


Le matin, nous avions rendez-vous au lycée de Jucuaran avec le directeur et les boursiers. Lors de cette réunion, nous nous sommes rendus compte que le directeur connaissait à peine ses élèves, se préoccupait plus de sa campagne électorale (il se présente aux élections municipales de Jucuaran) que de son lycée, ne voulait pas prendre d’engagement dans notre programme de bourses et préférait laisser le padre Serafin s’occuper de tout !
Après cet entretien plutôt houleux, nous avons rencontré une vingtaine de boursiers EDI et avons vu avec eux les points forts et les points faibles de notre programme de bourses. Nous en avons profité pour régler pas mal de choses : créer des adresses internet à ceux qui n’en avaient pas, remettre les pendules à l’heure pour les boursiers de la casa, étudier les candidatures pour les bourses universitaires, vérifier le listing de tous les boursiers EDI…


Après cette matinée quelque peu chargée, nous avons organisés différents ateliers avec tous les enfants des communautés avoisinantes : cours de français, foot, concours de dessin, jeu du béret, cours de danse (chorées BDE et rock)…en échange, les enfants et ados nous ont appris à danser le machacha !!!









De 13 h à 18h, nous avons tenu une vingtaine de gamins. A la fin, ils s’amusaient tellement bien qu’ils ne voulaient plus s’arrêter…puis, nous sommes rentrés et avons passé une soirée sympathique comme à nos habitudes (au menu du dessert : chamalows grillés)

Anne So

Lundi:visite d un lycee et d un college



Nous nous séparons en 2 groupes… un va au lycée de El Transito et un autre au collège de la Cabana…

Groupe lycée del Transito (Elena, Laura G., Corentin et Anneso)

Nous prenons le bus avec le fameux « Ursulo » …d’habitude, il met la musique à fond (techno bum bum) mais aujourd’hui, il était d’humeur plus calme et on a eu le droit à des slows et à des latin lovers !
Nous arrivons à El transito ou nous rencontrons 6 de nos boursiers , nous apprenons que sur les 9 choisis l’année dernière, 3 ne se sont jamais présentés (nous n’en connaissons pas la raison exacte mais pensons que leurs parents n’étaient pas d’accord pour qu’ils continuent leurs études). Nous nous assurons qu’ils suivent bien les cours, ont de bonnes notes…respectent bien leur contrat en gros ! Un sur les 6 a eu des notes inférieures à 7 (minimum requis sinon la bourse leur sera retirée), nous essayons de comprendre ce qui a pu lui arriver : ses grands frères ne l’incitent pas à poursuivre ses études et lui donnent du travail aux champs du coup, il n’a pas assez de temps pour étudier…Elena lui remonte alors un peu les bretelles ! Je pense qu’il a compris et va faire de son mieux à présent !
Puis, nous prenons le bus pour rentrer à Jucuaran…mais ce que nous ne savons pas, c’est que ce bus fait un détour par le village de la Cabana accessible par un chemin caillouteux, tortueux et pentu…Au lieu de mettre 1h pour rentrer, nous multiplions ce temps par 2 et nos frayeurs aussi…au départ, le bus était blindé entre les enfants, les femmes qui portent leurs poules sur les genoux, les vendeuses de pastèque, d’eau, de gâteaux qui gueulent « Agguuaaaaa, Sandiiiiiiaaaa… !!! »,les valises que les gens balancent sur le toit, les plastiques que les gens jettent par la fenêtre dès qu’ils n’en ont plus besoin…A plusieurs reprises, nous avons cru que le bus allait reculer au lieu d’avancer, qu’il allait rester coincer dans les creux, qu’il allait se retourner…A un moment, nous avons traversé un pont (comprendre un amas de pierres), le bus s’est arrêté et là je me suis dit « C’est bon, on est coincé, le bus ne va pas redémarrer et nous allons devoir rentrer à pied… !!! » mais non, il est reparti en raclant l’arrière contre les cailloux…çà n’avait pas l’air de déranger le chauffeur, il était habitué et le bus aussi (vu son état !).

Groupe escuela de la Cabana (Laura D., Aurélie, Meryam et Elodie)

Voici encore un bon exemple de la logique salvadorienne, pour le moins… déroutante : La Cabana est un petit village situé plutôt au nord-est de Jucuaran. N’ayant pas de bus direct pour se rendre a la Cabana, notre première idée, la plus logique nous semble-t-il, est d’y aller à pied. Mais voici que notre cher ami Ursulo, dans sa grande bonté, nous propose de partir plutôt avec son bus de 6h45 ( !!!) vers Usulutan- soit la direction totalement opposée- et de s’arrêter au niveau d’un pont. Là, la directrice du collège de La Cabana viendra nous chercher en pick-up pour repartir exactement dans l’autre sens, vers la Cabana … !!! C’est une logique infaillible, pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué !! Mais Ursulo semble tellement heureux de pouvoir nous arranger ce petit plan (foireux… ?) que nous n’osons pas refuser. Et nous voila donc parti à 6h30, soit une heure plus tôt que si nous y étions allés directement à pied…No importa, ca fait plaisir a Ursulo !
Finalement en chemin (caillouteux et cabossé) nous admettons que ce plan n’est pas si foireux qu’il en avait l’air, marcher pendant deux heures pour revenir devrait nous offrir notre quota de sport pour la journée.
Sur place, nous rencontrons les élèves de troisième pour leur proposer des bourses pour aller au lycée, nous faisons remplir les questionnaires, et arrêtons notre choix (plus ou moins définitif) sur 2 jeunes filles…Nous attribuons les bourses selon 2 critères : les notes et les ressources économiques de l’élève…
Nous prenons la route du retour, avec la perspective de devoir gravir la colline qui mène à Jucuaran pendant au moins une heure trente. Deux heures plus tard, dégoulinantes de sueur et les mollets durs comme du bois, nous bénissons Ursulo de ne pas nous avoir laisser faire l’aller et le retour à pied !

Dimanche: journée playa et coups de soleil

Pas de grasse mat’…même le dimanche...

Lever 6h : car l’unique bus de la journée pour aller à la plage part à 7h !!!
Nous attrapons donc ce bus et filons al Espino pour une journée a la playa…
Au programme : détente, lecture, baignade, bronzage…euhhh !!! pas pour tous et toutes…je dirai plutôt coups de soleil !!!

Règles de base pour faire la tortilla sur la plage au Salvador :
1- Se mettre de la crème bien uniformément sur tout le corps (jusque sous le maillot) car sinon, çà fait des marques rouges... hein aurélie, laura d. et élodie…
2- Ne pas dormir sur la plage comme un bébé (beau coup de soleil de Corentin sur le ventre)
3- Ne pas s’endormir sur le ventre tout court (çà, je le dis pour moi ) car sinon çà donne des coups de soleil atroces sur les fesses !
4- En gros suivre l’exemple d’Elena, Meryam et Laura G.

Déjeuner dans un retaurant 4 étoiles au bord de la plage
Menu : poisson grillé, riz et tortillas…yesssss !!!!


Puis, nous repartons avec le bus de 16h…

Soirée tranquilou…

Samedi 15: graduación des bacheliers

Samedi 15 Novembre

Nous avons été conviés en tant qu’invitados especiales a la graduacion del instituto de jucuaran.
9h : messe de la graduacion
Nous n’avons quasiment pas écouté le sermon du padre Gherman, nous étions tellement absorbés par les nouveaux-nés autour de nous.


















11h : cérémonie de remise des diplômes
Nous avons eu le droit au rang d’honneur et au discours pompeux du directeur du lycée de Jucuaran (qui se présente pour être maire de Jucuaran). Plus intéressante, fut la remise des diplômes aux boursiers de EDI. En effet, cette année, la première génération de boursiers EDI a eu son bac avec d’excellents résultats ; certains ont réussi le concours d’entrée à l’université nationale de San Miguel. Nous comptons donc prolonger notre action et offrir des bourses universitaires aux plus démunis pour leur permettre de continuer leurs études.
Puis, nous avons été invités à déjeuner avec le directeur du lycée...devinez ce qu’on a mangé ?...du poulet, du riz et des tortillas (pour changer) !



et crevettes en dessert!



Aprem détente et soirée animée pour les plus fêtards! La soirée de graduacion des bacheliers, c'est une GH! (pour les non initiés au langage ESSEC, une GH, pour Grand Hall, c'est une soirée dans les murs de l'école).
Le son est bien plus raisonnable que la veille, et on s'est bien amusés (Laura G, Elo, Coco, Nounou). Chacun/e avec son/sa cavalier/ère plus ou moins stable selon la qualité de la personne trouvée. cf. article sur les "cavalleros" à venir..

En bons ESSEC, on a fait la fermeture de la soirée (minuit 30), seuls sur la piste, en recevant les "dedicaces especiales" du DJ qui n'en revenait pas de mixer pour des européens!

Article rédigé par Anne so

Derniers paragraphes rédigés par Elo et Aurélie,