Nous nous séparons en 2 groupes… un va au lycée de El Transito et un autre au collège de la Cabana…
Groupe lycée del Transito (Elena, Laura G., Corentin et Anneso)
Nous prenons le bus avec le fameux « Ursulo » …d’habitude, il met la musique à fond (techno bum bum) mais aujourd’hui, il était d’humeur plus calme et on a eu le droit à des slows et à des latin lovers !
Nous arrivons à El transito ou nous rencontrons 6 de nos boursiers , nous apprenons que sur les 9 choisis l’année dernière, 3 ne se sont jamais présentés (nous n’en connaissons pas la raison exacte mais pensons que leurs parents n’étaient pas d’accord pour qu’ils continuent leurs études). Nous nous assurons qu’ils suivent bien les cours, ont de bonnes notes…respectent bien leur contrat en gros ! Un sur les 6 a eu des notes inférieures à 7 (minimum requis sinon la bourse leur sera retirée), nous essayons de comprendre ce qui a pu lui arriver : ses grands frères ne l’incitent pas à poursuivre ses études et lui donnent du travail aux champs du coup, il n’a pas assez de temps pour étudier…Elena lui remonte alors un peu les bretelles ! Je pense qu’il a compris et va faire de son mieux à présent !
Puis, nous prenons le bus pour rentrer à Jucuaran…mais ce que nous ne savons pas, c’est que ce bus fait un détour par le village de la Cabana accessible par un chemin caillouteux, tortueux et pentu…Au lieu de mettre 1h pour rentrer, nous multiplions ce temps par 2 et nos frayeurs aussi…au départ, le bus était blindé entre les enfants, les femmes qui portent leurs poules sur les genoux, les vendeuses de pastèque, d’eau, de gâteaux qui gueulent « Agguuaaaaa, Sandiiiiiiaaaa… !!! »,les valises que les gens balancent sur le toit, les plastiques que les gens jettent par la fenêtre dès qu’ils n’en ont plus besoin…A plusieurs reprises, nous avons cru que le bus allait reculer au lieu d’avancer, qu’il allait rester coincer dans les creux, qu’il allait se retourner…A un moment, nous avons traversé un pont (comprendre un amas de pierres), le bus s’est arrêté et là je me suis dit « C’est bon, on est coincé, le bus ne va pas redémarrer et nous allons devoir rentrer à pied… !!! » mais non, il est reparti en raclant l’arrière contre les cailloux…çà n’avait pas l’air de déranger le chauffeur, il était habitué et le bus aussi (vu son état !).
Groupe escuela de la Cabana (Laura D., Aurélie, Meryam et Elodie)
Voici encore un bon exemple de la logique salvadorienne, pour le moins… déroutante : La Cabana est un petit village situé plutôt au nord-est de Jucuaran. N’ayant pas de bus direct pour se rendre a la Cabana, notre première idée, la plus logique nous semble-t-il, est d’y aller à pied. Mais voici que notre cher ami Ursulo, dans sa grande bonté, nous propose de partir plutôt avec son bus de 6h45 ( !!!) vers Usulutan- soit la direction totalement opposée- et de s’arrêter au niveau d’un pont. Là, la directrice du collège de La Cabana viendra nous chercher en pick-up pour repartir exactement dans l’autre sens, vers la Cabana … !!! C’est une logique infaillible, pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué !! Mais Ursulo semble tellement heureux de pouvoir nous arranger ce petit plan (foireux… ?) que nous n’osons pas refuser. Et nous voila donc parti à 6h30, soit une heure plus tôt que si nous y étions allés directement à pied…No importa, ca fait plaisir a Ursulo !
Finalement en chemin (caillouteux et cabossé) nous admettons que ce plan n’est pas si foireux qu’il en avait l’air, marcher pendant deux heures pour revenir devrait nous offrir notre quota de sport pour la journée.
Sur place, nous rencontrons les élèves de troisième pour leur proposer des bourses pour aller au lycée, nous faisons remplir les questionnaires, et arrêtons notre choix (plus ou moins définitif) sur 2 jeunes filles…Nous attribuons les bourses selon 2 critères : les notes et les ressources économiques de l’élève…
Nous prenons la route du retour, avec la perspective de devoir gravir la colline qui mène à Jucuaran pendant au moins une heure trente. Deux heures plus tard, dégoulinantes de sueur et les mollets durs comme du bois, nous bénissons Ursulo de ne pas nous avoir laisser faire l’aller et le retour à pied !
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