mercredi 26 novembre 2008

Appel a nos amoureux




Appel à la grandeur d’âme de 3 amoureux transis :

Nous soussignées Anne-Sophie L., Elena A. et Laura D., exigeons que le jeudi 25 décembre à 10h45 pétantes heure française, Messieurs Nicolas P. Guillaume B. et Florian C-M soient présents au terminal 2A de l’aéroport Charles De Gaulle, Paris, France à la porte d’arrivée du vol CO 0010 en provenance de Houston, Texas, USA.

Bon… en gros ça veut dire que vous avez intérêt à vous ramener à l’aéroport. Aucune excuse ne sera acceptée (ni déjeuner avec Mamie Nicole, ni Noël en Corrèze, ni grève des CGTistes sur le métro parisien). Sinon on reste sous le soleil du Salvador !!

Bon… et comme vous aimez bien l’entendre… Vous nous manquez TROOOOPPPPP !!!!!


Pour information, les petites Elodie Gautier (numéro de passeport GHUY67) et Laura Geniez (numéro de passeport FCD60) seront attendues à ce même hall d’arrivée, même vol, même horaire, par leurs parents, Mr et Mme Gautier et Mr et Mme Geniez. Sous peine de rester au Salvador avec un beau salvadorien. Mesdames, Messieurs merci de votre attention. Au jeudi 25 décembre donc, si le message est bien passé.

















Elena et Laura D.

mardi 25 novembre 2008

Mercredi 19 au samedi 22 novembre

Mercredi 19 Novembre

Anniversaire de Laura D. !!!

Journée assez tranquille : Un premier groupe est allé rencontrer une association locale qui agit dans toute la communauté de Jucuaran…
Pendant ce temps, l’autre groupe a avancé sur l’étude des demandes de bourses, sur l’audit des comptes 2007 et sur l’allocation du budget 2008.

Evénement marquant de la journée : vers 18h, une mygale (« non, ce n’était pas une grosse araignée… c’était une mygale… ! ») a pointé le bout de son nez sur notre terrasse…s’en est suivi des cris et des hurlements, comme vous pouvez l’imaginer ! Pendant ce temps, la mygale a filé sous notre nez…et s’est réfugié dans la « salle de bains » (comprendre bac à eau)…Seulement, nous ne savions pas quoi faire : la tuer ou la laisser filer !
Heureusement, notre cuisinière Maria était là et en a fait son affaire ! (Cf. photos)
Elle nous raconta après qu’elle vivait dans une maison en terre et qu’elle avait donc l’habitude de tuer des mygales, des serpents…SUPER MARIA !
Faut dire que nous n’en menions pas large (je parle d’Elena, Laura D, Aurélie et moi) !

Jeudi 20 Novembre

Grosse journée en perspective : Nous sommes invités au 1er congrès régional de l’entrepreneuriat organisé par l’université de San Miguel.
Nous nous levons donc à 5h du mat’ (pas besoin de préciser que le réveil fut dur) et prenons un premier bus à 6h puis 2 autres bus et arrivons enfin à 9h à l’hôtel Tropica Inn (lieu ou se tenait la conférence), autant dire que çà nous a fait du bien de voir ne serait-ce qu’un semblant de civilisation : magasins, centre commercial, Burger king, Pizza Hut…
Notre premier reflexe en arrivant dans cet hôtel fut d’aller aux toilettes (enfin de vrais toilettes !) puis nous avons été accueillis comme des VIP : places aux premiers rangs, présentation devant toute la salle…La conférence fut intéressante : 3 entrepreneurs sont venus partager leur expérience avec les étudiants présents, puis un prof de l’université nationale du Costa Rica a fait un exposé sur l’entrepreneuriat.



A la fin, nous avons eu le droit à la remise des diplômes et aux photos officielles et bien sur au cocktail ! Il faut croire que ce cocktail ne nous a pas suffit vu que nous avons filé au Burger King ensuite…
Puis, nous avons pris 3 bus pour rentrer à Jucuaran, 3 heures plus tard !

Vendredi 21 Novembre

Anniversaire d’Aurélie (pas besoin de préciser que Coco lui a offert de super cadeaux, vous pourrez le constater par vous-mêmes s’il accepte de vous les montrer !)

Nous avions rendez-vous au lycée de Samuria à 9h pour la graduacion des collégiens et des bacheliers. Nous sommes arrivés en retard à cause d’un problème de bus (tout à fait normal et habituel au Salvador) et avons fait apparition en plein milieu de la messe ! Le padre Serafin, comme à son habitude, nous a présenté aux gens présents ! Puis, nous avons suivi la procession des gradués jusqu’au lycée de Samuria ou a eu lieu la remise des diplômes. Comme d’habitude, nous avons eu le droit à l’hymne national et aux discours « pompeux ». De ces discours, j’ai retenu 2 choses qui m’ont bien fait rire :
- discours de la directrice du lycée de Jucuaran
« Les professeurs qui enseignent dans notre école sont par définition des professionnels et ne commettent donc jamais d’erreur alors que les docteurs, eux, commettent des erreurs et ces erreurs, on les retrouve dans le cimetière. » Ceci n’est pas une blague, je ne fais que répéter ses propres propos et au passage, désolé pour les docteurs qui nous lisent !

- discours du maire de jucuaran
« Comme vous avez été des élèves sérieux et attentifs cette année, je vous offre plusieurs cadeaux. Tout d’abord, j’ai fait venir 2 discothèques mobiles de San Salvador rien que pour vous, pour faire la fête ce soir! Ensuite, j’offre à tous les gradués une journée au parc aquatique de San Salvador avec transport et bouffe REFRIGEREE inclus ! »
Il faut savoir que le maire est actuellement en campagne et est donc prêt à faire toute sorte de promesse pour rallier la population à sa cause.



Après cette cérémonie (ou nous n’avons pas été reçus comme des « invitados especiales » mais plutôt comme de vulgaires participants), nous avons rejoint le Padre Serafin qui nous a emmené voir les agriculteurs faisant parti du Projet de Développement Agricole. Ce projet avait été lancé par la mission 2007 mais n’a pu être concrétisé à cause de divers problèmes. Le PDA fonctionne de la manière suivante : 5 paysans cultivent en commun un champ et vendent ensuite leurs cultures sur le marché. EDI leur paie au départ le loyer du champ, les semences et les fertilisants. A terme, les paysans doivent devenir autonomes c’est-à-dire qu’ ils financent eux-mêmes la culture suivante grâce au revenu tiré de la vente de la précédente.
Après cette réunion avec les agriculteurs ou nous avons pu tirer au clair les problèmes survenus tout au long de l’année et mettre en place l’organisation du projet pour l’année 2009, nous sommes rentrés à Jucuaran.


Nous avons enchainé directement une réunion avec le Padre Serafin (il faut dire qu’il a un agenda de ministre et qu’il faut donc profiter de ses moments libres pour lui poser toutes nos questions et prévoir avec lui la suite des événements).

Samedi 22 Novembre

Fête d’anniversaire d’Aurélie, Laura D et moi !

Pour cela, nous avions invité tous nos amis du village de Jucuaran (petits et grands), avions fait une centaine de crêpes et avions décoré la maison avec des ballons partout.






Malheureusement, nous n’avons pas réussi à trouver des bougies pour les souffler chacune notre tour comme le veut la tradition française.
Elodie et Corentin n’ont pas eu de mal à trouver une solution : pourquoi ne pas fêter notre anniversaire selon la tradition salvadorienne ? Comment ? et bien c’est simple, il suffit d’acheter une peluche que l’on remplit de bonbons, le but du jeu est ensuite de frapper cette peluche jusque ce que mort s’en suive et que tous les bonbons sortent ! => cf . vidéo !


Nous avons mis un peu de musique pour égayer tout ce p’tit monde et avons réussi à entrainer tout le monde sur le dance floor !

samedi 22 novembre 2008

Nos animaux domestiques

Qui a dit que nous vivions à 8 dans notre casa si cosy ? Nous sommes en réalité bien plus à vivre ensemble! Voici un petit aperçu des autres habitants :

Les poules : elles sont deux, elles sont moches avec leur allure de dindon, mais au moins elles nous sont fidèles. Elles se baladent tranquillement dans le jardin, ne gênent personne, n’arrangent personne non plus car elles ne font pas d’œufs et ne sont pas assez en chaire pour qu’on en rôtisse une au barbecue un soir.

Les chiens : tous les jours, quelques uns osent s’aventurer dans notre jardin. Ils sont laids et maigres. Pour les faire fuir, il suffit de faire un petit « pchiiit » de la bouche, et ils déguerpissent aussitôt sans rien dire. Cela procure une sensation d’autorité assez jouissive.

Les chats :
ils se courent après et se battent la nuit dans le jardin. Ne pas confondre leurs cris avec ceux d’un bébé (la ressemblance est assez perturbante). NB : à notre connaissance, aucun bébé ne s’est encore battu dans le jardin.

Les vaches :
spéciale dédicace au troupeau qui passe devant chez nous chaque matin et chaque soir. Faudra penser à les inviter un de ces jours.

Les blattes, ces mal-aimées : Les blattes sont devenues un sujet de conversation fréquent. Chacun a pris l’habitude, en revenant des toilettes, d’annoncer le nombre de blattes présentes, avec leur emplacement exact.
Les blattes investissent également les chambres, provoquent parfois des cris, souvent du dégoût, et finissent souvent écrasées ou dévorées par les fourmis. Quelle fin injuste pour des petites bêtes si inoffensives …

Nos amies les fourmis : Elles sont ici et là, dehors ou dedans, ne font pas de bruit. Elles sont parfois très grosses, ce qui dissuade de marcher pieds nus la nuit. Ce sont cependant nos amies, car elles mangent les blattes (cf. ci-dessus)

Les araignées : sous la lunette des toilettes, dans les chambres, ailleurs, en rencontrer une n’est jamais très agréable. A la différence des blattes, toute mort anticipée est justifiable par le fait que les araignées peuvent piquer.

Chantale la mygale: é-nor-me, elle est énorme ! Noire, 6 cm x 2 cm pour le corps, 8 longues pattes velues …il n’en faut pas plus pour affoler les habitantes de la maison qui se réfugient à l’autre bout de la terrasse ! Heureusement Maria la cuisinière-guerrière est là et, munie d’une lampe frontale d’une bombe anti-insectes et d’un bâton de fer, part à la chasse de la répugnante intruse.
Avant / Après:











Les moustiques qui piquent : Insecte bien connu pour sa présence intempestive, ils viennent parfois très nombreux lorsque les températures nocturnes restent douces. Malheureusement pour eux, ce sont aussi contre eux que nous sommes les mieux protégés : moustiquaires, bombes anti-moustique, spray anti-moustique, vêtements longs. Malheureusement pour nous, ce sont quand même eux qui nous font le plus de mal : piqûres, boutons qui grattent, rougeurs. Ils nous ont eus !

Sapo le crapeau :
Sapo vit reclus près du réservoir à eau. Il est assez timide et pas très dynamique, même lorsqu’on le titille. Il lui arrive aussi de sortir du caniveau. A moins que ce ne soit un de ses confrères…

Yvon le scorpion : Yvon osa sortir de sa tanière un soir où les occupants de la maison n’étaient pas encore tous couchés. Grand mal lui en pris, lorsqu’une savate s’abattit sur son petit corps fébrile. Paix à son âme.

Annabelle la sauterelle :
Avant/Après :
Hugo le mulot : Hugo, lui, a bien choisi sa chambre : c’est celle d’Elo et Laura G. Pourquoi ? Parce qu’on y trouve des biscuits Oréo facilement accessibles la nuit. L’emballage ne lui fait pas peur, il suffit de le grignoter ! Mais le bruit réveille Elodie qui cherche à savoir quelle bête vient lui manger ses vivres. Pris sur le fait, Hugo le mulot tombe alors dans le piège de la jeune fille, qui l’attrape grâce à sa moustiquaire. Elle l’assommera, le ligotera, et aspergera la toile de bombe anti-insecte pour le dissuader de la ronger. Mais le lendemain matin, Hugo n’est plus dans son filet, il s’est évadé !

L’animal mystérieux : Il rôde près de la cabane des toilettes. Il passe sur les toits de tôle pendant notre sommeil. On ne le voit pas, on l’aperçoit. Très rarement. Qu’est-ce ? Un gros rat ? Un ragondin ? Un gros mulot ? (le papa d’Hugo le mulot ?!) Nul ne le sait, la bête entretient bien le mystère…

Aurélie , pour 30 millions d’amis

PS: photos croustillantes à venir...lorsque lorsque connection sera plus favorable

Los ninos de Jucuaran

Loin de notre famille, de nos chéris, de nos amis, il y aura toujours a Jucuaran de bonnes âmes pour venir nous serrer dans leurs bras lorsque nous sommes en mal de tendresse et de câlins…Les jeunes et beaux salvadoriens ? Le padre Nicolas sexy avec sa petite barbichette ? Notre fidèle voisin et chauffeur plus connu sous le nom d’Ursulo ??? Rassurez-vous nous ne commettrons aucune infidélité !! Nous parlons en fait des …ninos de Jucuaran, ces petites bouilles trop choutes qui nous font de grands sourires tous les jours, nous regardent avec des yeux émerveillés en essayant de se rappeler des prénoms de chacun d’entre nous (et ils ont d’ailleurs très bonne mémoire puisqu’il se souviennent même des membres des missions précédentes), nous prennent dans leurs bras dés le premier jour, nous offrent des bracelets et des colliers alors qu’ils n’en possèdent pas eux-mêmes, nous harcèlent pour qu’on organise des ateliers de jeux et de coloriage …
Dés le début, pendant notre expédition a la famosa cueva (une grotte située près de Jucuaran dans laquelle, paraît-il, se nichent des couleuvres et des chauves-souries… Tout un mythe la cueva !!), chaque petite fille s’est approriée une personne dans le groupe. Et de là sont nées des relations reciproques pleines de tendresses et des moments inoubliables :
- La chouchoute de Meryam et d’Elena s’appelle Candelaria, plus connue ici sous le doux nom de Candy ou de Canda. Avec ses grands yeux pétillants et son sourire attendrissant sans ses quatre dents de devant, elle est à croquer !
- Anne-So a craqué sur Carmen (la grande sœur de Candy) qui lui raconte des histoires dont elle ne comprend qu’un mot sur trois et entraine notre présidente dans des rocks endiablés !
- Laura G. (Laura dos) a aussi jeté son dévolu sur Carmen, comme quoi, malgré l’absence de communication, il est possible de partager plein de choses ! Entre autres l’appareil photo de Laura que Carmen ne cesse de lui piquer !
- Laura D. (Laura uno) garde un joli souvenir de Blanca lui tenant la main très fort sur le chemin de la cueva pour l‘aider dans les passages difficiles. Et oui les petits salvadoriens sont bien plus courageux que nous, ils sautent, ils courent pieds nus dans les cailloux, même pas peur !
- Aurélie passe dire bonjour a la jolie Veronica dés qu’elle passe au cyber et elles ne cessent de prendre des photos ensemble.
- Antonia adore taquiner Coco sur sa novia Aurélie



Et à côté de ces petits anges, il y a les diablitos : de jeunes garçons de 6 à 10 ans de Jucuaran qui trainent toute la journée dans les rues et qui, pour occuper leurs vacances, n’ont rien trouvé de mieux que de venir nous embêter ! Ursulo nous a expliqué qu’avant la période qui précède Noël, ils sont toujours tout excités et font exploser des pêtards dans le village. Depuis quelques jours ils prennent un malin plaisir à les faire sauter juste devant notre porte ou, encore mieux, dans le tuyau par lequel s’écoule l’eau. Ils ne sont peut-être pas foncièrement méchants mais nous nous retenons pour ne pas nous énerver lorsqu’ils viennent nous narguer !!

Voici donc un petit aperçu des petites frimousses de Jucuaran, entre câlins et taquineries. L’après-midi crêpe que nous voulons organiser pour eux promet d’être agitée !


Laura D.

mercredi 19 novembre 2008

Mardi 18: Rencontre des boursiers EDI de Jucuaran


Le matin, nous avions rendez-vous au lycée de Jucuaran avec le directeur et les boursiers. Lors de cette réunion, nous nous sommes rendus compte que le directeur connaissait à peine ses élèves, se préoccupait plus de sa campagne électorale (il se présente aux élections municipales de Jucuaran) que de son lycée, ne voulait pas prendre d’engagement dans notre programme de bourses et préférait laisser le padre Serafin s’occuper de tout !
Après cet entretien plutôt houleux, nous avons rencontré une vingtaine de boursiers EDI et avons vu avec eux les points forts et les points faibles de notre programme de bourses. Nous en avons profité pour régler pas mal de choses : créer des adresses internet à ceux qui n’en avaient pas, remettre les pendules à l’heure pour les boursiers de la casa, étudier les candidatures pour les bourses universitaires, vérifier le listing de tous les boursiers EDI…


Après cette matinée quelque peu chargée, nous avons organisés différents ateliers avec tous les enfants des communautés avoisinantes : cours de français, foot, concours de dessin, jeu du béret, cours de danse (chorées BDE et rock)…en échange, les enfants et ados nous ont appris à danser le machacha !!!









De 13 h à 18h, nous avons tenu une vingtaine de gamins. A la fin, ils s’amusaient tellement bien qu’ils ne voulaient plus s’arrêter…puis, nous sommes rentrés et avons passé une soirée sympathique comme à nos habitudes (au menu du dessert : chamalows grillés)

Anne So

Lundi:visite d un lycee et d un college



Nous nous séparons en 2 groupes… un va au lycée de El Transito et un autre au collège de la Cabana…

Groupe lycée del Transito (Elena, Laura G., Corentin et Anneso)

Nous prenons le bus avec le fameux « Ursulo » …d’habitude, il met la musique à fond (techno bum bum) mais aujourd’hui, il était d’humeur plus calme et on a eu le droit à des slows et à des latin lovers !
Nous arrivons à El transito ou nous rencontrons 6 de nos boursiers , nous apprenons que sur les 9 choisis l’année dernière, 3 ne se sont jamais présentés (nous n’en connaissons pas la raison exacte mais pensons que leurs parents n’étaient pas d’accord pour qu’ils continuent leurs études). Nous nous assurons qu’ils suivent bien les cours, ont de bonnes notes…respectent bien leur contrat en gros ! Un sur les 6 a eu des notes inférieures à 7 (minimum requis sinon la bourse leur sera retirée), nous essayons de comprendre ce qui a pu lui arriver : ses grands frères ne l’incitent pas à poursuivre ses études et lui donnent du travail aux champs du coup, il n’a pas assez de temps pour étudier…Elena lui remonte alors un peu les bretelles ! Je pense qu’il a compris et va faire de son mieux à présent !
Puis, nous prenons le bus pour rentrer à Jucuaran…mais ce que nous ne savons pas, c’est que ce bus fait un détour par le village de la Cabana accessible par un chemin caillouteux, tortueux et pentu…Au lieu de mettre 1h pour rentrer, nous multiplions ce temps par 2 et nos frayeurs aussi…au départ, le bus était blindé entre les enfants, les femmes qui portent leurs poules sur les genoux, les vendeuses de pastèque, d’eau, de gâteaux qui gueulent « Agguuaaaaa, Sandiiiiiiaaaa… !!! »,les valises que les gens balancent sur le toit, les plastiques que les gens jettent par la fenêtre dès qu’ils n’en ont plus besoin…A plusieurs reprises, nous avons cru que le bus allait reculer au lieu d’avancer, qu’il allait rester coincer dans les creux, qu’il allait se retourner…A un moment, nous avons traversé un pont (comprendre un amas de pierres), le bus s’est arrêté et là je me suis dit « C’est bon, on est coincé, le bus ne va pas redémarrer et nous allons devoir rentrer à pied… !!! » mais non, il est reparti en raclant l’arrière contre les cailloux…çà n’avait pas l’air de déranger le chauffeur, il était habitué et le bus aussi (vu son état !).

Groupe escuela de la Cabana (Laura D., Aurélie, Meryam et Elodie)

Voici encore un bon exemple de la logique salvadorienne, pour le moins… déroutante : La Cabana est un petit village situé plutôt au nord-est de Jucuaran. N’ayant pas de bus direct pour se rendre a la Cabana, notre première idée, la plus logique nous semble-t-il, est d’y aller à pied. Mais voici que notre cher ami Ursulo, dans sa grande bonté, nous propose de partir plutôt avec son bus de 6h45 ( !!!) vers Usulutan- soit la direction totalement opposée- et de s’arrêter au niveau d’un pont. Là, la directrice du collège de La Cabana viendra nous chercher en pick-up pour repartir exactement dans l’autre sens, vers la Cabana … !!! C’est une logique infaillible, pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué !! Mais Ursulo semble tellement heureux de pouvoir nous arranger ce petit plan (foireux… ?) que nous n’osons pas refuser. Et nous voila donc parti à 6h30, soit une heure plus tôt que si nous y étions allés directement à pied…No importa, ca fait plaisir a Ursulo !
Finalement en chemin (caillouteux et cabossé) nous admettons que ce plan n’est pas si foireux qu’il en avait l’air, marcher pendant deux heures pour revenir devrait nous offrir notre quota de sport pour la journée.
Sur place, nous rencontrons les élèves de troisième pour leur proposer des bourses pour aller au lycée, nous faisons remplir les questionnaires, et arrêtons notre choix (plus ou moins définitif) sur 2 jeunes filles…Nous attribuons les bourses selon 2 critères : les notes et les ressources économiques de l’élève…
Nous prenons la route du retour, avec la perspective de devoir gravir la colline qui mène à Jucuaran pendant au moins une heure trente. Deux heures plus tard, dégoulinantes de sueur et les mollets durs comme du bois, nous bénissons Ursulo de ne pas nous avoir laisser faire l’aller et le retour à pied !

Dimanche: journée playa et coups de soleil

Pas de grasse mat’…même le dimanche...

Lever 6h : car l’unique bus de la journée pour aller à la plage part à 7h !!!
Nous attrapons donc ce bus et filons al Espino pour une journée a la playa…
Au programme : détente, lecture, baignade, bronzage…euhhh !!! pas pour tous et toutes…je dirai plutôt coups de soleil !!!

Règles de base pour faire la tortilla sur la plage au Salvador :
1- Se mettre de la crème bien uniformément sur tout le corps (jusque sous le maillot) car sinon, çà fait des marques rouges... hein aurélie, laura d. et élodie…
2- Ne pas dormir sur la plage comme un bébé (beau coup de soleil de Corentin sur le ventre)
3- Ne pas s’endormir sur le ventre tout court (çà, je le dis pour moi ) car sinon çà donne des coups de soleil atroces sur les fesses !
4- En gros suivre l’exemple d’Elena, Meryam et Laura G.

Déjeuner dans un retaurant 4 étoiles au bord de la plage
Menu : poisson grillé, riz et tortillas…yesssss !!!!


Puis, nous repartons avec le bus de 16h…

Soirée tranquilou…

Samedi 15: graduación des bacheliers

Samedi 15 Novembre

Nous avons été conviés en tant qu’invitados especiales a la graduacion del instituto de jucuaran.
9h : messe de la graduacion
Nous n’avons quasiment pas écouté le sermon du padre Gherman, nous étions tellement absorbés par les nouveaux-nés autour de nous.


















11h : cérémonie de remise des diplômes
Nous avons eu le droit au rang d’honneur et au discours pompeux du directeur du lycée de Jucuaran (qui se présente pour être maire de Jucuaran). Plus intéressante, fut la remise des diplômes aux boursiers de EDI. En effet, cette année, la première génération de boursiers EDI a eu son bac avec d’excellents résultats ; certains ont réussi le concours d’entrée à l’université nationale de San Miguel. Nous comptons donc prolonger notre action et offrir des bourses universitaires aux plus démunis pour leur permettre de continuer leurs études.
Puis, nous avons été invités à déjeuner avec le directeur du lycée...devinez ce qu’on a mangé ?...du poulet, du riz et des tortillas (pour changer) !



et crevettes en dessert!



Aprem détente et soirée animée pour les plus fêtards! La soirée de graduacion des bacheliers, c'est une GH! (pour les non initiés au langage ESSEC, une GH, pour Grand Hall, c'est une soirée dans les murs de l'école).
Le son est bien plus raisonnable que la veille, et on s'est bien amusés (Laura G, Elo, Coco, Nounou). Chacun/e avec son/sa cavalier/ère plus ou moins stable selon la qualité de la personne trouvée. cf. article sur les "cavalleros" à venir..

En bons ESSEC, on a fait la fermeture de la soirée (minuit 30), seuls sur la piste, en recevant les "dedicaces especiales" du DJ qui n'en revenait pas de mixer pour des européens!

Article rédigé par Anne so

Derniers paragraphes rédigés par Elo et Aurélie,

samedi 15 novembre 2008

Intimidad durante la mission.

Petite remise en contexte : faire une mission humanitaire c’est en (grande) partie vivre pendant deux mois avec sept autres personnes. Expérience différente de la vie de famille bien sûr car.. bah ce n’est pas notre famille ; et encore plus intense que la colocation puisque non seulement on se réveille et se couche ensemble mais on ne se quitte pas de la journée !


De ce contexte particulier naît un comportement dual (je cite la grande philosophe qu’est Elodie Gauthier : « on a tous une dichotomie en nous »)

D’un côté nous n’avons plus d’intimité car on partage tout :
- trucs vitaux ; sanitaires, « douche », bouffe, eau
- vie de nos proches qui nous manquent en particulier des petits copains (ou les non petits copains : spéciale dédicace pour les deux seules célibataires de la mission J)
- nos joies simples (la richesse de nos rencontres, la contemplation d’un paysage , le vent dans nos cheveux à l’arrière d’un pick-up ou tout simplement le moment présent)
- nos frayeurs superficielles (bêtes, bruits bizarres) ou moins superficielles (oups ! l’inscription à nos cours MBA… )


Du coup le seul moyen de survivre à ce manque d’intimité est d’avoir chacun notre bulle. Elle est très spécifique à chacun :

- Laura D : sa musique le soir

- Meryam : s’occuper de son corps soit en s’épilant …soit en grattant ses boutons de moustiques

- Elena : sa bulle à elle est matérielle : c’est sa moustiquaire !

- Anne So : un langage un peu cergyssois même à l’autre bout du monde dont je vous donne un aperçu : « on va leur mettre leur mère » ; «ils vont prendre cher » ou encore « j’adore les Salvadoriens, c’est sûr je vais leur donner de la thune »


- Coco ( el ùnico hombre) : bah…sa bulle il est tout le temps dedans et pour le coup elle est vraiment immatérielle, c’est presque spirituel: c’est sa façon de survivre à sa présence dans un groupe de sept filles

- Aurélie et Elodie : encore plus que les autres –car nous tenons tous plus ou moins un carnet de bord- leur bulle, c’est leur carnet qu’elles emmènent PARTOUT avec elles . Il faut savoir que , plus qu’un moyen d’être dans leur sphère, c’est devenu une obsession puisqu’elles font un carnet de carnet où elles listent tout pour ne rien oublier !

A bientôt pour une autre analyse comportementale !!

Laura G .

1ère fête au Salvador

Ce soir, c’est le grand soir. Après la messe de graduacion et la cérémonie de remise des diplômes (des élèves de 3ème), moments solennels et longs voire soporifiques pour les plus impatients, nous passons à un tout autre registre : la fiesta de graduacion !

L’installation : l’après midi, dans une rue de Jucuaran, se montent peu à peu un mur de baffles et un chapiteau métallique avec de la lumière stromboscopique, des spots de toutes les couleurs…la stabilité du tout laisse à désirer (rien à voir avec les structures Magnum !). En outre, aucun bar de prévu, il n’y aura pas d’alcool à cette soirée, et encore moins d’OB.

Les préparatifs : Vers 19 heures, la belle mère d’un soir d’Elena arrive. On ne sait pas pourquoi mais elle restera avec nous 1 heure sans rien faire. (Elena va être la cavalière de son fils). Grand dilemme pour nous toutes filles : comment s’habiller ? Nous troquons la jupe contre un pantalon, le débardeur contre un haut ni décolleté ni trop moulant (le T-Shirt EDI semble avoir été conçu pour l’occasion !), et nous voici partis, bien groupés .
Ah, important : ne pas oublier l’accessoire anti-fashion mais indispensable pour toute soirée salvadorienne. J’ai nommé, la boule Quiès !

La fête :
Elle commence par l’entrée en procession des collégiens diplômés accompagnés de leur cavalier/cavalière.


Danse romantique mais peu osée (tant mieux pour Elena ) des couples ainsi formés.


Ce qui frappe , c’est le volume sonore : ici le son ne s’écoute pas, il se ressent . Chaque basse fait vibrer notre cage thoracique. C’est une sensation assez désagréable presque douloureuse.
Nous nous joignons aux jeunes pour danser, ce qui nous donne l’occasion d’observer d’un peu plus près leur technique. Cela consiste un léger déhanché répétitif (à l’image de la musique) enlevant tout souci de recherche de créativité. Tout se joue au niveau du bassin. Nous à côté, avec nos mouvements délurés, on a dû passer pour des…bah, pour des étrangers !

A 23 h, après 3 heures de boum boum, les 4 irreductibles du groupe finissent par s’en aller (Coco, Laura Tambien et nous) en dégustant une barquette de frites. La fête se finira 20 minutes plus tard. On remet ça demain, avec le niveau supérieur : les terminales (c’est bien, c’est plus de notre âge !).



















Aurélie et Elodie

vendredi 14 novembre 2008

Un dépaysement rapidement intégré

A première vue le Salvador et la France n'ont pas grand-chose en commun (cf notion du temps, pupusas, …). De jeunes français débarquant à Jucuaran, une petite ville du Salvador perdue à l'autre bout du monde, devraient donc être très dépaysés !!!

Le premier jour, tout nous a paru très étrange. Aller aux toilettes relevait au début d'une expédition surtout pour certains/certaines : se rendre au fond du jardin et faire ses besoins dans un trou, mettre le papier toilette dans une poubelle à côté, ne pas se retourner pour tirer la chasse d'eau ; le soir, utiliser une lampe frontale et regarder s'il n'y a pas une blatte qui traine sur la cuvette ou une araignée. Gérer l'eau potable, l'aquatab et l'eau non potable, le fait que nous n'ayons de l'eau qu'une fois tous les deux jours pendant 3 heures. Se glisser sous une moustiquaire vers 21h et devoir s'endormir avec des bruits inhabituels : un ou deux moustiques qui sifflent dans nos oreilles, des chiens qui hurlent à la mort, des poules qui caquètent, un chat ou un rat qui passent sur le toit en tôle au dessus de nos têtes, tous les bruits sont décuplés…


Mais très rapidement, plus vite que nous ne pouvions même l'imaginer, nous avons intégré toutes ces bizarreries. Remplir une jarre d'eau ou une cuvette et se laver à l'eau froide dans le jardin nous a vite paru naturel, vivre dehors tout le temps, être à 6 à l'arrière d'un pick-up, quoi de plus normal ? Une vache, un cochon sur la plage et alors ? Au bout d'une semaine nous nous sentions chez nous, et avions l'impression d'être ici depuis des mois, tous les gamins du village nous connaissaient par nos prénoms, nous connaissions déjà presque toutes les maisons et les habitants de la place du village !! J'ai poussé, le luxe jusqu'à ne plus utiliser la moustiquaire.

Notre dépaysement a vite laissé place au quotidien, et maintenant tout ou presque nous paraît normal. Ceci ne signifie pas pour autant que nous ne nous émerveillons pas ou ne nous rendons plus compte des différences entre nos conditions de vie en France et ici. Comment se fait-il que nous nous soyons si vite sentis chez nous ? Que nous nous sommes si vite habitués à ces nouvelles conditions de vie ?

Dès le premier soir nous avons dîné « chez l'habitant » le lendemain et le surlendemain aussi, nous avons tout de suite été plongés dans notre nouveau quotidien, avons appris à faire des "tamales", n'avions de contact qu'avec des gens vivants dans les mêmes « conditions » que nous. Et puis ici tout est plus facile car il fait chaud. Prendre une douche froide dehors est un plaisir revigorant, sortir dehors et aller au fond du jardin même la nuit n'est pas si désagréable lorsqu'il fait chaud (tout le monde ne me suivra peut-être pas sur ce point) ! Et puis nous avons recréé notre chez nous ici, nous avons notre musique, nous faisons nos courses et pouvons recréer un peu nos habitudes : céréales au petit déjeuner, pâtes, "pan francès" et confitures. Nous avons un téléphone portable et pouvons appeler la France à tout moment, nous allons sur internet sans problème ! Nous avons remplacé les bières du Foy's par la Pilsener (bière locale) … Bref le dépaysement fut très vite intégré.

Elo, corrigée par Aurélie :-)

Sur la plage, on trouve de tout....





Les pupusas, toute une histoire...


Les Pupusas C’est un des plats de base de la gastronomie salvadorienne (qui soit dit en passant est très basique et trèèèèèèèès bourrative). Pupusas : du latin Pupusum, i : les galettes ! (2ème déclinaison neutre, sur le modèle de templum, templum, templum, templi, templo, templo)- [poupoussas], petite galette d’un diamètre d’environ 12 cm, composée de pâte de farine de maïs, fourrée à ce qu’on veut (plus fréquemment : chicharron et queso, frijoles et queso, frijoles tous seuls, queso tout seul…apparemment les grands maîtres de la pupusa les déclinent désormais pour tous les goûts …poisson…vraisemblablement pas pour les palais européens), malaxée par les mains délicates d’une mama salvadorienne, saisie dessus-dessous, sur une tôle huilée et grasse, sur laquelle on rajoute encore une fine couche d’huile. Très léger !Synonymes : sandwich salvadorien, galette bretonne salvadorienne, tortilla, galette bourrative…

Anne So : « Ici on ne fait pas la crêpe sur la plage, mais la pupusa ! »

Elodie : « Une pupusa, et ça repart ! »

Elena : « Les pupusas, c’est l’avenir ! »

Laura D. : « Les pupusas, ça se fait avec du lait de vache ?? »

Laura G. : «Une pupusa sachant pupusser doit savoir pupusser sans sa pupusa ! »

Corentin : « La pupusa : mon Kouign-Aman local »

Meryam : « Ô, pupusa !... »

Fin du focus sur les Pupusas
Aurélie: " a pu d'pupusas?"

Semaine du 10 au 17 Novembre



Lundi 10 Novembre

Nous avons rendez-vous à 7h au lycée de Jucuaran. Nous arrivons à 7h pétantes avec l’espoir qu’ils seront à l’heure …encore une fois, loupé ! On commence à s’y faire, la prochaine fois on leur donnera rendez-vous une heure plus tôt (cf. petit topo sur la notion du temps au Salvador). On rencontre finalement le sous-directeur…pour rien en fait ! du coup, on reprogramme une réunion à la semaine prochaine…décidément les Salvadoriens aiment les réunions de réunions !!
Nous en profitons pour voir quelques boursiers de l’an dernier…on vérifie leurs notes : globalement, nous sommes satisfaits de leurs résultats !

A 8h nous nous dirigeons vers l’école de Jucuaran…Ana Idis, la directrice nous attend, très sympathique, efficace et sérieuse…encore quelqu’un sur qui on peut compter et qui elle, est à l’heure !!! Nous présentons notre programme de bourses scolaires et distribuons une vingtaine de dossiers de candidature.

Nous nous dépêchons pour être surs de ne pas rater le bus de 11h…qui en fait est passé à 10h (bah oui, ça dépend des jours, des fois 11h c’est 10h, des fois c’est 12h bref on ne sait pas très bien…cf topo sur la notion du temps au Salvador…). Nous nous posons donc devant l’Eglise pour manger des pupusas et des bananes. Des quoi… ? vous demanderez vous…Des PUPUSAS ! (cf. petit topo sur les pupusas)

Finalement, on prend le bus de 12h…jusqu’au Desvio del Amatillo…carrefour pommé en pleine cambrousse…le reste du chemin, jusqu’à Puerto Caballo où nous avons rendez-vous, à nous de voir…on opte pour l’auto-stop, comme tout le monde ici. La chance est avec nous ! Le premier pick-up qui passe s’arrête…encore mieux, le coffre est suffisamment grand pour qu’on puisse tous y monter…victoire ! Nous arrivons enfin à Puerto Caballo, où nous rencontrons le sous-directeur et douze étudiants de Noveno (équivalent de la troisième, sachant que la fourchette d’âge va de 14 à 21 ans ! voilà, en gros au Salvador, il n’y a pas de règle, ça dépend, ça dépasse, c’est comme on veut, on s’en fout !) Nous distribuons quelques dossiers de candidature, ils les remplissent sous nos yeux et nous répondons à leurs multiples questions.

















Il est l’heure de rentrer…nous marchons 20 minutes, puis attendons 45 min le bus. Il est direct jusqu’à Jucuaran : ouf !

Mardi 11 Novembre (c’est férié chez vous, mais nous, on a travaillé !)

Aujourd’hui, le groupe se sépare en deux. Quatre d’entre nous vont à la Ringlera rencontrer l’ingénieur Leonidas et le maître d’œuvre afin de discuter de la construction de la future salle de classe. Quatre autres vont à El Almendro rencontrer les étudiants de Noveno (toujours les mêmes !).
Bref, journée de travail classique : bourses et construction de l’école !

















Mercredi 12 Novembre

Pour plus d’efficacité le groupe se sépare à nouveau en deux. Quatre vont à Samuria. Nous avons rendez-vous avec la directrice : l’objectif est double, rencontrer les boursiers de l’an dernier d’une part, présenter notre programme aux étudiants de Noveno d’autre part. Les boursiers sont vraiment contents de l’aide que l’association leur a apportée, et leurs notes sont excellentes : bref, grand moment de satisfaction pour eux comme pour nous ! Et puis, la rencontre avec les Noveno se passe bien.

Le tout sur fond de graduacion des maternelles (parvularios)…ils sont tous habillés sur leur 31…robes longues et talons pour les petites filles de 5 ans, et costumes cravate pour les petits garçons…c’est amusant ! Vous imaginez, une cérémonie de remise des diplômes dès la maternelle… ? Ca promet !




















Puis auto-stop jusqu’à El Espino, le village au bord de la plage…nous attendons quand même une heure avant qu’une voiture ne s’arrête…car il faut savoir qu’aujourd’hui le bus n’est pas passé (eh oui, on vous l’avait dit, ça dépend, ça dépasse, c’est comme on veut, parfois oui, parfois non…ils ont un côté normand les salvadoriens dans le fond !)…
Bref, nous retrouvons le reste du groupe à El Espino. (Le reste du groupe était resté à Jucuaran pour accueillir le représentant de l’ambassade de France au Salvador…). Notre après-midi à l’école de El Espino a été un peu…déroutante !! C’était la graduacion des étudiants de Noveno…on arrive dans une école transformée en discothèque, avec un son on ne peut plus puissant…on ne s’entend pas parler, la musique (enfin plutôt, le bruit) résonne dans notre tête et dans notre cage thoracique…bref ça donne du BOUM BOUM BOUM BOUM BOUM…on se demande bien comment on va pouvoir présenter les bourses aux étudiants dans ces conditions sonores ! On assiste à la petite chorégraphie que les étudiants de Noveno avaient préparée pour leur fête : ça donne une douzaine d’ados, les filles en mini-jupe ras les fesses et petite cravatte à la Britney Spears, les mecs en chemise et cravate…le tout assez provocateur et très très chaud ! et pour info, le maire de Jucuaran, qui était censé être présent à la réunion avec le représentant de l’ambassade était en train de se trémousser entre 4 jeunes minettes de 15 ans ! Joli M. le Maire !
Bref, on finit par s’isoler un peu du bruit dans une salle de classe et réunissons les Noveno…et là, c’est le drame ! Nous apprenons que l’une d’entre elle est mariée depuis 4 ans à un homme de 72 ans (petite précision : elle en a 15 !) …elle nous raconte que son mari refuse qu’elle aille à l’école, mais que elle ne l’aime pas, même si lui l’aime, alors qu’elle est prête à tout pour continuer les études, même à le quitter…bref, les filles du groupe sont un peu abasourdies et complètement décomposées…et pour couronner le tout…elle nous apprend qu’en plus d’être mariée à 15 ans, elle a une petite fille d’un an 1/2 . Voilà le genre de situation que l’on peut rencontrer au Salvador, assez choquant pour nous autres…Beaucoup d’enfants au Salvador ne vivent qu’avec un frère, une sœur, un grand-père, une tante, parce que leurs parents sont décédés…dans le meilleur des cas, ils vivent avec leur maman, parce que leur père est parti pour les USA et qu’ils n’ont plus de nouvelles. Ils en parlent avec le plus grand naturel, comme s’il s’agissait d’une situation banale. Ca fait relativiser !

Pour nous remettre de nos émotions et pour clôturer cette journée de travail intense, nous allons piquer une petite tête dans le Pacifique (à quelques mètres de l’école de El Espino)…encore un magnifique coucher de soleil, une eau tiède, de beaux palmiers...et…les vaches ! Nous savourons ce super moment !

Puis retour en pick-up (pour changer !) Bref, une journée bien remplie !

Laura D. et Elen

jeudi 13 novembre 2008

La notion du temps au Salvador

La notion du temps au Salvador

On croit tout d’abord que les journées salvadoriennes sont cadrées car rythmées par l’ave Maria qui retentit du clocher de l’église à six heures, à midi, à six heures du soir!
Mais on se rend compte rapidement que ce rythme rigoureux n’ est qu’ un leurre : les salvadoriens portent rarement des montres, ce qui implique les règles suivantes :

Première règle : la règle additive

Quand tu as rendez-vous avec un Salvadorien à 8 heures, il faut savoir qu’il ne sera pas là avant 9 heures. La règle additive consiste donc a rajouter une heure à l’heure réelle du rendez-vous, soit en langage mathématique : h.réel = h.intitial + 1h

Deuxième règle : la règle multiplicative

- en pick-up : quand un Salvadorien te dit que tu en as pour 10 minutes de pick-up, tu en a en réalité pour 20 mins, soit en langage mathématique : h.réel = h. initial*2

- en bus : quand un Salvadorien te dit que tu en as pour 30 mins tu en as en réalité pour une 1h30, soit en langage mathématique : h.réel = h. initial*3


- à pieds : quand un Salvadorien te dit que tu en as pour 45 mins tu en as pour 3h., soit en langage mathématique : h.réel = h. initial*4

- en auto stop : la durée est inconnue, soit en langage mathématique : h.réel = h. initial*∞


CONCLUSION : au Salvador, il faut savoir prendre son temps, c’est-à-dire attendre sans rien faire tout en ayant l’impression d’être actif (observer les vaches qui passent ou les pick-up ou des vaches sur des pick-up)

CQFD.

Elodie et Laura G.

mardi 11 novembre 2008

Jour du Seigneur et des baigneurs

Dimanche 9 Novembre :

Des idées plein la tête :
Grasse mat salvadorienne jusqu’à 7h30 !!!! Waow…
On se dirige vers l’Eglise pour assister à la messe. En chemin, on s’arrête discuter avec Margarita et Marcella. Elles nous font part de toutes leurs idées de projet pour les jeunes de Jucuaran, entre autres la mise en place d’ateliers de formations et d’artisanat pour les jeunes bacheliers, le recyclage, le ramassage des ordures dans les rues… Ca fait plaisir de voir des gens motivés pour le développement de leur communauté. Ces projets sont encore des idées amenées à se concrétiser… On va les aider à formaliser ce projet, à le préciser, le budgéter et le rendre viable !

L’ingénieur et el instituto del Alambre :
Après avoir assisté à la messe et après un bon déjeuner, nous recevons l’ingénieur Orlando.
C’est un contact du padre Serafin qui a déjà travaillé sur les plans de construction du futur lycée. Il nous montre ces plans, nous discutons du budget pour réduire les coûts au maximum. Ce projet nous tient vraiment à cœur et feront notre possible pour le concrétiser malgré un budget limité… On va y arriver, on y croit !

La playa :


Après une semaine d’effort, le réconfort…
Nuestro amigo Ursulo nous emmène à la plage del Espino. En 20 min on y est. A nous les plages du Pacifique, les cocotiers, l’eau chaude, les hamacs, les vaches sur la plage (on aura tout vu !!) et…la Pilsener !! (au passage petite citation de notre ami Ursulo : « Aca se esta divinamente, pero falta algo…una buena Pilsener ! » i.e. la bière locale). Petite virée à la payotte en bord de mer, et voici notre Jucuareno préféré revenant avec une caisse énorme remplie de bière et un petit bonus…le « cocktail » de fruits de mer …un espèce de liquide noir où trempent des morceaux de crevettes, tomates, menthe…et puis d’autres trucs un peu gluants qu’on n’a pas vraiment su identifier !






On admire un magnifique coucher de soleil…(alors, on pense toutes à nos amoureux…sniff…qui sont dans le froid et sous la pluie…alors qu’ils seraient tellement mieux dans nos bras devant ce superbe paysage !! bon on arrête là le passage mélodramatique…)


Et il est temps de rentrer…tous les bons moments ont une fin…mais nous savons que nous y retournerons bien vite ! Retour en Pick Up (pour changer !) et fin de soirée en compagnie de Ursulo, qui fait de notre casa son deuxième chez lui !! on lui fait goûter les croque-monsieurs, ça a l’air de bien lui plaire…et il a droit à une petite démonstration de la choré Manitou…(i.e. pour ceux qui ne sont pas familiarisés avec le langage Essec, il s’agit de la chorégraphie du BDE de l’Essec…un truc assez rigolo, surtout quand c’est dansé à plusieurs avec quelques verres dans le nez !) et voilà…Ursulo rentre chez lui, retrouver sa femme et son petit Emanuel. Et nous, on va se coucher ! A 20h30…et oui, on devient des papys !




Elena y Meryem