jeudi 4 décembre 2008

du jeudi 27 novembre au lundi 1er decembre

( Veuillez nous excuser pour ces quelques jours ou nous n'avions plus acces a internet et nous ne pouvions donc pas actualiser le blog. En esperant que les fideles lecteurs de nos aventures nous pardonnerons ¡ Ci dessous plein de nouvelles toutes fraiches ¡)


Jeudi 27 Novembre
Après 3 semaines de dur labeur, nous décidons de nous accorder 2 jours de repos à la découverte des municipalités les plus isolées de Jucuaran.
Et nous voila partis pour une excursion de 2 jours…avec nos sacs de couchage et tout le tralala sur le dos !
Nous commençons par une « petite marche » de 3 heures de Jucuaran à la Ringlera en passant à travers champs, rivières, chemins de montagne…Inutile de vous préciser que nous nous sommes retrouvés face à un cul-de-sac et que nous avons du rebrousser chemin (normal, on n’avait pas de carte Michelin !).
Arrivés à la Ringlera, nous filons dans une tienda pour nous acheter des boissons rafraichissantes mais voila qu’un camion de BTP pointe le bout de son nez, nous pointons alors notre pouce en sa direction. Le camion s’arrête et nous grimpons à l’arrière et nous retrouvons au milieu de carrelage, de tronçons de bois, de polystyrène, de parpaings…Arrivés à la playa del Espino, nous nous rendons chez Clemen pour réserver 2 chambres et 8 hamacs pour la nuit. Nous passons donc le reste de la journée entre le sable chaud, l’eau de mer revigorante, les hamacs reposants, les bons plats (poisson frais frit)…A la tombée de la nuit, nous nous mettons à la recherche d’une lancha (barque) pour aller del espino à el salamar le lendemain matin ; nous avons eu droit à tout type de proposition allant de 100 dollars l’aller pour nous 8 à un départ à 4 h du mat’…nous nous en sommes finalement sortis pour une lancha a 15 dollars pour nous 8 à 7h du mat’ !!!
En rentrant à notre « hôtel », nous avons rencontré un couple de touristes (le premier !) qui visitait l’Amérique Centrale pendant plusieurs mois. L’homme était américain et prof à San Francisco et la femme française, prof d’espagnol en banlieue parisienne. Le reste de la soirée, nous l’avons passé entre mîmes, impros, jeu du Qui suis-je ? Puis chacun a rejoint sa couchette (hamac ou lit en dur) pour se reposer quelques heures avant une autre journée qui promettait d’envoyer du lourd ! D’autres ont opté pour le bain de minuit ! La nuit s’est plutôt bien passée (nous n’avons pas eu trop de moustiques et de bêbêtes bizarres).

Vendredi 28 Novembre
Nous décollons à 6h du mat’ le ventre tout juste rempli d’un demi quart de banane frite, d’une mini-omelette et de 10 g de frijoles pour les plus courageux…autant dire presque vide !
Nous rejoignons les pêcheurs que nous avions rencontrés la veille et amenons la lancha jusqu’à la plage…puis vint l’épreuve de la traversée El Espino / El Salamar à 8 avec nos énormes sacs + 2 pêcheurs dans une petite lancha. A titre d’information, d’autres pêcheurs avaient refusé de nous emmener à 8 car la lancha risquait de se renverser => adieu les appareils photos, les livres, les portables…autant vous dire que nous n’étions pas rassurés (demandez à Elena) !!!
Finalement, nous parvenons à grimper dans la lancha sans chavirer, à traverser les énormes vagues qui s’échouent sur la plage et à arriver à destination sains et saufs mais trempés…Nous nous posons donc sur la plage déserte del Salamar pour sécher avant de repartir ! Une heure après, nous repartons (je vous rappelle que nous avons encore le ventre quasi vide et nous devons nous contenter de quelques petits gateaux qui nous restent) pour le village del Salamar où nous retrouvons William, un des boursiers de la casa qui est adorable ! Il nous fait alors visiter l’école del Salamar dont 2 salles de classe ont été construites par la mission 2006 (et par la mission 2007 pour le toit). J’ai le plaisir de vous annoncer que la construction de ces 2 salles de classe est totalement terminée, bien réussie et opérationnelle… elles accueillent des élèves de CM2 et 6ème !
Nous partons ensuite à la recherche d’une tienda pour se désaltérer et se rassasier… nous la trouvons au milieu d’habitations, entre cochons, chiens et poules ! Les boissons sont rangées sous un toit en tôle dans un petit recoin… autant vous dire qu’elles n’étaient pas fraîches ! Nous nous en contentons et achetons un melon à partager…Une fois repus, nous repartons motivés et enthousiastes pour une nouvelle excursion de 2 heures…cette fois-ci, direction Agua Fria ! Oscar et William, 2 boursiers de la casa (adorables, je le répète !) nous accompagnent avec leurs 2 chevaux et le chien ! Au début, on s’est dit : « Ah, super, on va pouvoir monter à cheval, mettre tous nos sacs dessus et pouvoir reposer nos jambes… ». Laura G. s’y essaie en premier mais déchante vite fait (« Il n’a pas de selle ce cheval, çà me fait mal aux fesses, en plus pas d’étriers, donc je dois entourer mes jambes autour de son ventre et puis c’est difficile de tenir à la fois les sacs, le crin du cheval pour le diriger et une petite branche pour le faire avancer… !!! »), Aurélie et Elodie tentent à leur tour mais ne sont pas emballées ! A la fin, Oscar et William montent leurs propres chevaux et nous marchons à côté avec nos sacs à dos…La faim et la soif commencent à se faire sentir tout comme la sueur ! Nous luttons donc pendant 2 heures et arrivons finalement à Agua Fria.
Nous arrivons vers 12 h à Agua Fria. La maman d’Oscar nous attend les bras ouverts avec un bon déjeuner ! (des pâtes et des frijoles ! pour changer !)...ça fait du bien ! On a passé un bon moment dans la maison (en tôle et planches de bois) d’Oscar à jouer avec leur perroquet tout vert ! C’était plutôt marrant…enfin, au Salvador on se contente de peu ! Un perroquet peut nous éberluer pendant 1h ! Et puis direction la plage, toujours accompagnés par nos fidèles guides Oscar et William et leurs frères et amis d’Agua Fria. Nos deux boursiers sont ravis de nous montrer leur magnifique plage, leur environnement, leur village…et nous, sommes aux anges de partager de tels moments avec eux. La plage est magnifique, beaucoup plus petite que celle de El Espino, la baignade est excellente, les vagues toujours au rendez-vous, et avec en prime…une planche de Surf !
Après un bon bain de mer, un bon bain de soleil ! (on maintient un bon rythme !) Oscar et William nous ont rejoints et nous avons commencé une série de parties de cartes…le Quames plus précisément (pour les connaisseurs…) là encore, grand moment de fous rires, à essayer d’expliquer les règles en espagnol, à trouver des stratégies avec des binômes salvadoriens…très marrant ! Et très bon exercice de communication entre cultures !
Vers 17h nous sommes rentrés chez Oscar, se changer et se débarbouiller un peu…Tous les jeunes du village et des environs étaient réunis pour un match de foot (avec un but de Rudys mémorable !) sur le terrain, (qui n’est autre que le champ juxtaposé à la maison de Oscar)…Nous étions 7 minettes sur le bord du terrain, en extase devant les pectoraux de nos chers bousiers…Tous y étaient : Oscar, William, Rudys, Milton…(oui, vous remarquerez, les salvadoriens sont fans des prénoms anglicisés !)
Et puis, il était temps de rejoindre le camion qui devait nous amener à El Carrizal, là où vit l’oncle de Oscar, chez qui nous logions pour la nuit ! Moment mémorable ! On monte à 9 dans la remorque du camion…jusqu’ici tout va bien…mais tout commence à aller moins bien quand le camion démarre et commence à rouler sur un chemin on ne peut plus caillouteux, tortueux et escarpé ! Le voyage dure 30 min, on s’accroche bien pour ne pas tomber, et on se baisse pour éviter les branches…bref, très sportif tout ça !
Nous arrivons chez l’oncle d’Oscar vers 19h. L’accueil est charmant ! On nous pose pas mal de questions sur la France, pourquoi avoir choisi le Salvador, le contenu exact de notre mission…On nous offre un super bon dîner ! Et hop, dodo à 20h comme de vrais petits papys ! Mais honnêtement, après la courte nuit sur la plage, la marche de la veille, la marche du matin, le bain de mer et toutes ces aventures, on s’endort sur le champ !

Samedi 29 Novembre
Lever à 5h (ça fait mal !). Un autre camion doit passer à 6h, et nous amener jusqu’à Samuria, à 6km de Jucuaran. Pour la petite histoire, le camion avait été mis à disposition des partisans du FMLN (parti révolutionnaire de gauche, qui entend bien gagner les prochaines élections présidentielles en mars prochain) qui se rendaient à Samuria pour une sorte de meeting politique. Du coup, on est monté avec une dizaine de jeunes hommes (dont Oscar et son oncle et William) vêtus de T-shirts rouges (couleur du FMLN, ça tombait bien, nos T-shirts EDI sont rouges aussi !) avec le logo du FMLN, qui chantaient à tue-tête « El pueblo unido jamas sera vencido ! »…surréaliste comme scène !
Après 2h de route, nous arrivons à Samuria. Il nous faut maintenant parcourir les 6 derniers kms qui nous séparent de Jucuaran. A pied ?? Non !!!!!!!! Nous sommes devenus des adeptes de l’auto-stop. Alors hop, on lève notre petit pouce magique et miracle…la première camionnette s’arrête. Du coup, on arrive vers 9h chez nous ! Ca fait du bien de rentrer chez soi après 48h d’aventure.
On attaque une grande séance douche (on est bien crasseux !) et lessive dans les bassines…Nos vêtements sont poussiéreux et poisseux.
Et puis on se met tout de suite au boulot, après deux jours de loisir on a du pain sur la planche ! On s’est fixé ce week-end comme dernier délai pour la sélection définitive des boursiers. On n’a plus le choix, de cette sélection dépend tout notre agenda pour les deux semaines à venir (organisation des cérémonies de remise de bourses dans les trois lycées, achat des fournitures…). Alors, on se pose tous les huit autour d’un ordi, on prend toutes les candidatures que l’on réétudie une à une, on se tâte, on hésite, on acquiesce…Après une bonne heure et demie de tergiversations nous arrivons à un compromis : nous offrirons finalement 18 bourses !! On est super contents, puisqu’à celles-ci viennent s’ajouter les 37 adolescents qui bénéficieront de la construction du lycée de El Alambre, les 5 familles que nous aidons dans le cadre du projet de développement agricole et les familles bénéficiant des microcrédits. Ca fait plaisir ! Nous n’avons pas travaillé pendant un an pour rien !
La journée aura donc été bien studieuse.
Vers 18h nous dînons…très tôt ! Eh oui, mais c’est pour la bonne cause, à 19h nous prenons un camion pour aller au carnaval de San Miguel. Depuis le temps qu’Ursulo nous en parlait, voici enfin la soirée du mois !
On monte dans un camion bondé, nous nous frayons un chemin tant bien que mal et nous nous asseyons au milieu de la remorque, avec tous les jeunes de Jucuaran qui crient à tue-tête, sifflent, braillent, bref sont heureux ! Le voyage aller se passe plutôt bien, on chante des chansons en français, tout le monde applaudit et rit, l’ambiance est bon enfant, la soirée commence bien !
On arrive vers 20h30 à San Miguel, le camion de retour repartira à 2h30 : nous avons donc 6 heures devant nous. On suit Ursulo qui s’engage dans l’avenue principale de San Miguel. Nous suivons le cortège du carnaval, les espèces de carrosses avec des minettes habillées en « miss » qui faisaient des coucous du haut de leur perchoir, et jetaient des bonbons à la foule.
C’était plutôt marrant, bien qu’un peu décevant, nous nous attendions à voir des gens déguisés ce qui n’était pas le cas. En revanche, l’ambiance était vraiment bonne, sur l’avenue principale se tenaient des dizaines de petits groupes de musique : rock, salsa, cumbia, bachata…L’ambiance était très festive, très latino, très dépaysante.
Vers 23h, nous sommes rentrés dans le stade de San Miguel où se tenait la scène principale avec les stars latino-américaines du Reggaeton. Nous ça nous a pas trop plus, il y avait un monde fou, la musique était bien trop forte…On n’est donc pas resté très longtemps, on a préféré retourner dans la rue, où se tenaient les petits groupes. On a vraiment bien aimé le groupe de Marito Rivera, chanteur de cumbia, bien pêchu et dynamique…à tel point que nous avons acheté son CD. On vous fera écouter, vous verrez c’est bien sympa !
Et puis, vers 2h, on est retourné au camion, pour rentrer à Jucuaran. Et là, horreur ! Il n’y a plus de place dans le camion, il est encore plus blindé qu’à l’aller, on n’a presque aucune place pour s’assoir, encore moins pour étendre un minimum les jambes (demandez à Coco, il a vraiment dû souffrir !). Nous qui voulions dormir c’était peine perdue ! D’autant plus que tout le monde était surexcité, hurlait à chaque secousse ou chaque virage…Et puis c’était sans compter avec les retardataires. Les derniers sont arrivés à 3h30, moralité on est parti avec 1h de retard. Après 1h30 de voyage assez pénible (il y avait des gens debout dans le camion qui nous tombaient dessus au moindre virage…charmant !), nous sommes arrivés vers 5h du matin à Jucuaran. Autant vous dire que ça a été direct au lit !

Dimanche 30 Novembre
Fatalement, le lendemain matin nous ne nous sommes pas levés à 7h comme d’habitude. On émerge à 12h (wowww super grasse mat’ pour les salvadoriens !)…on se prépare doucement. On attend Margarita, qui nous a invité chez elle pour faire des pupusas, le plat traditionnel salvadorien. Elle vient nous chercher et nous amène chez elle. Là tout est prêt dans la cuisine, la plaque est chaude, la pâte est prête, les garnitures aussi…On a plus qu’à mettre la main à la pâte ! On regarde Margarita faire les premières : elle prend un peu de pâte, l’écrase dans ses mains pour en faire une petite galette, puis fait un petit puits pour y mettre la garniture (au choix fromage, frijoles, fromage et loroco) puis écrase à nouveau la pâte pour reformer une petite galette…et hop, elle la pose sur la plaque chaude pour la faire cuire.
A nous maintenant ! Euh, les nôtres seront peut-être bonnes, mais elles ne sont pas très belles, en tous cas, ne sont pas rondes comme celles de Margarita.
On en fait une bonne quarantaine au total. On se met à table tous ensemble pour les déguster. C’est délicieux, bien meilleur que les pupusas que nous avons goûtées jusqu’à présent. Surtout avec la petite sauce tomate et la salade de chou ! On parle de la situation économique du Salvador, le fait notamment qu’avec un Bac +6 Margarita n’arrive toujours pas à trouver de travail.
Vers 17h nous rentrons chez nous pour mieux repartir à la messe à 18h. C’est le padre Nicolas qui officie la messe, du coup ça passe mieux, c’est moins soporifique qu’avec le padre German et plus compréhensible !
Nous passons une soirée tranquille, à bosser un peu.

Lundi 1er Décembre
Lever à 7h. Nous devons rejoindre l’ingénieur Leonidas à 9h30 pour aller à El Alambre voir le début de la construction du lycée. Nous arrivons vers 12h à El Alambre (la route nous semble moins tortueuse et escarpée que la première fois que nous y étions allés, ou alors c’est nous qui commençons à nous habituer aux routes salvadoriennes…). Et là, à notre plus grande joie, on voit une groupe de jeunes en train de détruire le hangar qui se tient là où le lycée sera construit ! Ca a commencé, et ça, c’est une grande satisfaction ! Et puis nous voyons un premier camion arriver avec des parpaings, des outils, et tout ce qu’il faut ! Ca y est, tout se concrétise.
Nous restons près de 3h à El Alambre, il faut installer les deux maçons qui resteront sur place pendant la construction, trouver une famille qui accepte de leur faire la cuisine pendant les travaux, régler les derniers détails, et nous repartons vers Jucuaran.
Le padre Serafin nous attend. Nous lui avions demandé de nous retrouver pour lui faire signer tous les contrats de bourse. Il y en a une cinquantaine à signer (3 exemplaires pour chaque contrat). Et puis, nous planifions quelques rendez-vous, à la banque, pour l’achat des fournitures…
La fin de la journée sera studieuse, nous avons tous les contrats à préparer pour notre première cérémonie de remise de bourses le lendemain matin, le budget à fignoler…

1 commentaire:

Anonyme a dit…

quelle aventure palpitante !nous attendons avec impatience la prochaine publication !bravo à vous tous !
François,Sylvie et Valentin.