On se dit qu’un cavalier salvadorien c’est somme toute un cavalier tout court , c’est-à-dire –j’ose ce truisme- quelqu’un avec qui on danse toute la soirée et qui permet de se sentir moins plouc.Et pourtant c‘est bien plus compliqué que cela en l’air. Dressons une petite typologie pour y voir plus clair.
La cavalière d’honneur : il s’agit bien sûr de celui d’Elena à qui une femme du village lui a demandé d’accompagner son fils à la fiesta de vendredi soir dernier. Sa belle mère d’un soir a fait comprendre que cela nécessitait tout un cérémonial. Elle lui a tout d’abord offert une magnifique robe à rayures roses pour qu’elle le mette le soir du « bal ». Puis elle est revenue pour présenter son fils à Elena. Enfin, elle est arrivée une heure avant la soirée à robe à paillettes afin de s’assurer que tous les préparatifs soient bouclés-euh en fait on ne sait pas trop pourquoi. Après ces rituels arrive la soirée en elle-même. La cavalière d’honneur attend de manière hésitante la danse d’ouverture et ne peut se donner une contenance qu’en enlevant et remettant sans cesse ses boules quiès. Autres caractéristiques de la cavalière d’honneur : elle est plus grande que celui qu’elle accompagne et elle lâche son cavalier assez rapidement pour aller danser avec ses amis français.
Le cavalier imposé car évident : il s’agit de celui d’Aurélie, c’est-à-dire Coco. Eh oui, il est pratique d’avoir son novio (fiancé) avec soi au Salvador car cela évite les quatre catégories de caballeros suivants.
Le cavalier qui s’impose : celui-là, on pourrait le retrouver en France mais la différence est qu’il s’impose encore plus parce-que sa proie est …française ET blonde. Au début, il demande gentiment de danser avec lui puis plus la soirée avance, plus il est saoul et plus il danse collé-serré. Les tentatives de Coco sont vaines, seul une Salvadorienne que l’on connaît peut le convaincre de s’en aller….
D’où le cavalier imposé pour la bonne cause : c’est souvent un ami de la Salvadorienne qui sauve du « cavalier qui s’impose »…Elle le présente en disant qu’il est très gentil et que surtout il dansera sans …s’imposer. Ce qui est vrai !
Le cavalier imposant : son portrait-type :cent kilos au bas mot, environ trente-cinq ans, fait danser une mi-salsa-mi-polka. Et surtout qui a une crise de fou rire quand on lui fait une tentative de démonstration de tectonique.
Le cavalier à qui l’on s’impose : bah pas grand’ chose à dire à part tout simplement que c’est celui avec lequel on bafoue tous les codes culturels locaux car il se fait inviter PAR UNE FILLE.
Le cavalier à qui l’on n’a pas osé s’imposer : celui là n’est pas spécifiquement salvadorien, il est universel. C’est celui qui est repéré depuis le début de la soirée et avec qui il serait agréable de danser. Il vous fera juste un clin d’œil de temps en temps et ce cavalier restera chimérique, ce qui ne lui donnera que plus de charme.
CONCLUSION : la diversité des cavaliers salvadoriens fait en grande partie l’exotisme des soirées salvadoriennes. Mais ils trouvent leur point commun dans une norme salvadorienne : ne jamais les regarder dans les yeux. Malheureusement, les vieux nous ont prévenu trop tard de cette règle. Les cavalières françaises ont donc passé leurs premières soirées salvadoriennes à essayer de capter vainement le regard de leurs cavaliers salvadoriens…
Laura G.
2 commentaires:
Trop drôle, ton exposé sur "le concept de caballero"! Cela fait du bien d'avoir de vos nouvelles...on commençait à s'inquiéter un peu.. et à s'ennuyer beaucoup de vos lectures quasi quotidiennes...
Bisous à toutes et à mon Coco.
Catherine
je suis un assidu de votre blog et je tiens à vous dire un grand merci pour la qualité de vos commentaires qui me permettent un voyage instantané !
Vous vivez de grands moments et savez les faire partager ;
Continuez a bien profiter de cette expérience inoubliable
Encore merci
un anonyme ( le papa de la puce ! )
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